Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

florence meichel

L'énaction : vers un puissant paradigme d'apprentissage à l'ère du numérique

Parce qu'un dessin vaut mieux que mille mots, je vous propose cette modélisation inspirée des travaux de Francisco Varela sur les systèmes auto-poïétiques et leur impact en terme d'autonomie et de connaissance !

Cliquer sur l'image pour l'agrandir !



Lire la suite ici :

L'énaction : vers un puissant paradigme d'apprentissage à l'ère du ...

Partager 

Ajouter un commentaire

Vous devez être membre du réseau « Apprendre 2.0 » avant de pouvoir ajouter des commentaires!

Joignez-vous à ce réseau social

Gael PLANTIN Commentaire par Gael PLANTIN le 1 Juin 2009 à 12 39
L'évaluation est morte, vive l'évaluation...

Comme Timuche, besoin de temps pour formaliser une nébuleuse...

Quelques réflexions cependant :
* Pour moi, évaluation diagnostique et auto-évaluation sont deux aspects d'une même pratique : l'autonomie.
* En cela, l'évaluation est permanente, parce qu'intégrée aux boucles itératives de réflexion de l'apprenant.
* En fin de compte, la seule vraie évaluation est celle qui témoigne :
+ de la capacité d'un apprenant à mener à bien une tâche dans le respect des normes édictées initialement
+ de la capacité d'un apprenant à s'adapter au contexte (cf. mon propos sur le meta-design).
florence meichel Commentaire par florence meichel le 30 Mai 2009 à 18 17
oui ! une nouvelle discussion : c'est une excellente idée...il sera toujours temps de lier !:-) merci d'avance pour cette contribution... ! :-)
Timuche Commentaire par Timuche le 30 Mai 2009 à 15 50
NOTA BENE : mon avant dernier commentaire illustre un état de mon schème de représentations comportant seulement trois types d'évaluation. Pour mémoire (i) évaluation diagnostique, (ii) évaluation formative et (iii) évaluatation sommative.
Chacune de ces évaluations a lieu à un moment privilégié d'une formation, (i) soit avant, (ii) soit pendant, (iii) soit après, respectivement. Souvent elles ne sont pas réalisées par les mêmes acteurs, typiquement (i & iii) par des examinateurs de plateformes spécialisée ou (ii) par le formateur lui-même.

Or, je devrais me faire une mise-à-jour, car compte beaucoup à présent dans le domaine des langues un quatrième type qui est (iv) l'auto-évaluation qui recouvre plus ou moins les trois temps et les trois modalités pris en chargent par les trois autres. La meilleure illustration en est les portefeuilles de compétences , tel le Portfolio en langue encadré par le Conseil de l'Europe.
Timuche Commentaire par Timuche le 30 Mai 2009 à 15 34
Je veux bien ^^

C'est un sujet qui me préoccupe beaucoup.
Je vais tacher de poster qqch pour lancer une nouvelle discussion.

À priori, je ne vois pas bien de lien avec l'énaction. À priori. Mais je compte sur toi pour m'éclairer ! ^_~
florence meichel Commentaire par florence meichel le 30 Mai 2009 à 12 34
Je suis intéressée par cette question de l'évaluation diagnostique : pourrais-tu étayer s'il te plait ? Je crois que ça intéressera beaucoup d'entre nous ! Je sais en particulier que Gael travaille beaucoup sur ces notions d'évaluations pertinentes ! :-)
Timuche Commentaire par Timuche le 30 Mai 2009 à 12 05
Nnnh... Tu n'as pas tord d'avoir la progression linéaire des cursus dans ton collimateur. ^^
Je pense également que c'est un état de fait très problématique.

Je penche plus vers une approche systémique et émergentiste de la chose, évidemment. ^_^
Ainsi, la progression émergerait au cours de la formation, le programme réunissant les impératifs du niveau et les options pédagogiques pour y parvenir ; le praticien restant seul juge de la bonne conduite et de l'ordonnancement de cette progression en fonction des acquisitions et des achèvements chez ses apprenants.

Mais pour cela, il faut au minimum rendre courante et ordinaire l'évaluation diagnostique. Ce qui constituerait un renversement des tendances vis-à-vis des deux autres formes d'évaluation.
Non ?
florence meichel Commentaire par florence meichel le 29 Mai 2009 à 20 38
En matière de didactique, je dirais que le mode cursus linéaire signe le pré-donné : il y a toujours qq pour commencer et que l'on ne questionne guère (enfin peu ! :-) et que l'on considère comme universel : le socle commun illustre bien le propos, je crois !

Quand à la résistance, je suis passée par là aussi ! :-) :-)

C'est un cheminement qui prend du temps ! :-)
Timuche Commentaire par Timuche le 29 Mai 2009 à 17 20
Merci Florence pour me faire part de ton mémoire et de continuer à m'aider à comprendre. ^_^

Et oui, lire sur et toujours moins édifiant que lire dans. ^^


Sur le thème de l'inscription corporelle de l'esprit, ça bouge déjà un peu. Un petit peu.
• Dans son interversion à TED Sir Ken Robinson a une remarque qui m'a beaucoup plue, en substance il pointe du doigt le fait que les universitaires vivent dans leur tête et sont décorporés, il voient leur propre corps comme un moyen de transport pour leur tête. Et que le but du système éducatif est de produire des universitaires.
• De même Howard Gardner pose de manière très volontariste une intelligence corporelle et kinesthésique dans son modèle de l'Intelligence Multiple.
• Enfin, les approches systémiques ne négligent pas l'environnement.
Je pense donc que ce côté-là, il y a de l'espoir.

Ta rectification au sujet de l'activité signifiante de la mère et de son bébé est tout à fait juste.
Et je vois bien que tes considérations tournent autour de la recherche d'un enseignement plus signifiant, plus complet. Pourrait-on dire holistique ?

Seulement, voilà, je résiste encore un peu, je regrette de te le dire. -_-

Peut-être qu'en biologie le monde est un pré-donné. Mais je ne vois pas que nous ayons ce problème en didactique.

Je finirai avec cette citation de Mc Luhan illustrant la faculté d'adaptation à travers les boucles de rétro-actions (feedback). « We become what we behold. We shape our tools and then our tools shape us. » J'y vois un espoir pour les TICE de faire de grandes choses. ^^
florence meichel Commentaire par florence meichel le 29 Mai 2009 à 15 10
Je crois qu'il ne faut pas lire au sujet de Varela mais lire Varela tout court : ça évite les médiations et les interprétations ! :-)

Voilà les références que j'ai lu de mon coté :
- Inscription corporelle de l'esprit
- autonomie et connaissance
- quels savoirs pour l'éthique
- introduction aux sciences cognitives

Tu sembles avoir de bonnes bases en bio : tu devrais t'en sortir ! :-)

oui effectivement, pour Varela l'énaction est une façon d'appréhender la cognition

je reprends une partie de mon mémoire professionnel ici à titre d'illustration:

"La différence entre l’émergence et l’énaction réside dans le fait que la notion d’émergence est envisagée dans le cadre d’un monde pré donné, alors que celle d’énaction considère que cognition et monde perçu se définissent l’un l’autre dans un rapport dynamique.

Dans l’énaction, F.J. VARELA envisage le monde comme créé à chaque instant par l’agent cognitif. Par un effet de feed-back, ce monde créé vient, en retour, imprégner l’acte cognitif. La cognition et le monde perçu deviennent donc indissociables et c’est ce couplage qui fait émerger la signification.

Pour désigner ce phénomène, VARELA utilise le verbe énacter ou faire émerger. Il insiste sur le caractère dynamique du rapport entre cognition et monde créé.

Selon cette approche :
« Qu’est-ce que la cognition ?
L’action productrice : l’historique du couplage structurel qui énacte (fait émerger un monde) ;
Comment cela fonctionne-t-il ?
Par l’entremise d’un réseau d’éléments inter-connectés, capables de subir des changements structuraux au cours d’un historique non interrompu ;
Comment savoir qu’un système cognitif fonctionne de manière appropriée ?
Quand il s’adjoint à un monde de signification préexistant, en continuel développement (comme c’est le cas des petits de toutes les espèces) ou qu’il en forme un nouveau (comme cela arrive dans l’histoire de l’évolution) »[36]

Ainsi, l’énaction est une alternative aux conceptions computationnelles et connexionnistes : elle n’a pas vocation à les supplanter mais à les accueillir.

Elle nie l’existence d’un monde ‘’objectif’’ et extérieur pour envisager que le seul univers susceptible d’être étudié est celui de nos perceptions.
Cet univers n’est pas achevé et immuable mais en perpétuel devenir ; il est défini par nos capacités sensori-motrices et notre expérience de la corporéité[37]..

Elle assimile l’intentionnalité[38] (le faire émerger du sens, de la signification) à un couplage et une activité interne qui, à eux deux, génèrent la capacité de façonner, de faire émerger, c’est à dire de donner des significations à ce couplage sans qu’aucun des deux ne contienne en lui-même d’information préalable.

L’intentionnalité est donc les contenus de significations qui vont correspondre à des couplages divers à chaque instant.
Pour un individu, l’intentionnalité se caractérise par la non séparabilité de la sensorialité et de l’action[39]..
Pour un collectif, l’intentionnalité s’appuie sur une situation de couplage conversationnel qui implique des conditions de satisfaction d’actes de langage."

Pour répondre à tes réfutations, je dirais que la représentation d'un monde pré-établi est à comprendre au sens large...pour avoir une vision d'ensemble des travaux de Varela, je suis à peu près certaine qu'elle englobe des singuliers...beaucoup de singuliers ! :-)

Et concernant l'absence de fondements, voilà ce que Varela écrit dans l'inscription corporelle de l'esprit :
" l'absence de fondement se révèle dans la cognition comme "sens commun" cad sous les traits de notre capacité a savoir comment nous frayer une voie dans un monde qui n'est ni fixe ni prédonné mais continuellement façonné par les types d'actions dans lesquelles nous nous engageons !

L'exemple du petit enfant est éclairant : c'est en actes (je pleure parce que j'ai faim par exp) qu'il va peu à peu associer un visage avec un mot maman ou papa...cette connaissance qu'il acquiert : il la construit au travers de son expérience en interactions au monde..ce processus n'est pas unilatéral : ce n'est pas maman qui donne la connaissance (je suis ta maman) , c'est l'enfant et la maman qui co-construisent cette connaissance en actes (ils apprennent à se reconnaitre l'un l'autre)...
Timuche Commentaire par Timuche le 29 Mai 2009 à 13 39
Merci beaucoup Florence pour ton résumé. Je note que tu associais l'énaction avec l'utilisation des TIC. Il est incontestable que l'on cherche encore un angle d'attaque satisfaisant pour l'intégration de ces technologies.

Je me suis penché sur le projet de Verala pour essayer de comprendre ton attrait. Heureusement, j'ai trouvé mieux que l'introduction de Duquaire qui est peu claire...

Il existe un site avec un lexique sur la chose. Ainsi, voici comment est définie la cognition et l'énaction :
« The basic tenet of Enaction is this : “Cognition” is to be defined as the process whereby a living organism, interacting with its environment, “brings forth” or enacts the “world” in which it lives. »

Or Duquaire loupe le "whereby", par lequel, en français.

Ce qui fait que Duquaire semble poser l'identité cognition = énaction, ce qui chagrine mon entendement, grandement.
Or je n'ai pas su trouver de justifications probantes soutenant cette assertion.

En continuant, on comprend que Verala veut donner une définition biologique de la cognition ainsi que critiquer le Computationisme et l'Émergentisme. Ce qui est pour le moins original. Tout en recyclant des notions de cybernétique et de systémique. Là, ça se gate...

Un de ses objectifs, replacer le sujet agent dans son milieu environnant avec lequel il constitue un système unitaire par couplage est bien aussi. Mais d'autres auteurs (Morin, De Rosnay, par exemple) m'ont d'avantage convaincu. C'est sur ce couplage qu'il fait reposer l'autopoiesis. Sur l'exemple des cellules dans un organisme vivant.

Nnnh... La tentative d'illustration de la chose par Duquaire est un peu ratée, selon moi. L'exemple de la voiture est plus compréhensible dans l'exemple donné en anglais dans wikipédia :

« An autopoietic system is to be contrasted with an allopoietic system, such as a car factory, which uses raw materials (components) to generate a car (an organized structure) which is something other than itself (the factory). »

Je me rappelle qu'en SVT, il y avait une leçon qui portait sur la façon dont « le mouton fait du mouton avec de l'herbe », c'est-à-dire comment les herbivores métabolisent les végétaux pour la conservation et la continuation de leur vie, la fabrication de leur énergie. Ce qui était une façon de nous expliquer une partie de l'ontogénèse.

Je ne vois pas bien ce que rajoute l'autopoiesis de Verala à la notion de machine, telle qu'on la trouve en cybernétique... Là encore, je pense qu'il y a des auteurs plus convaincants.

Ailleurs, j'ai pu trouver cette dernière citation :

« ...cognition is not the representation of a pregiven world by a pregiven mind but is rather the enactment of a world and a mind on the basis of a history of the variety of actions that a being in the world performs. » (Varela, Thompson, Rosch. The Embodied Mind , 1991)

Peut-être ai-je une vision trop contrainte par la position constructiviste à dominante sociale... mais j'ai deux commentaires à faire.

1ement, le singulier "la représentation d'un monde pré-établi". Ce singulier me heurte beaucoup. D'une part nous n'avons pas une vision homogène du monde qui nous entoure. Un grand nombre de paradoxes, de représentations contradictoires se superposent les unes sur les autres. Et tout ça (se) tient dans notre esprit. Par exemple, nous avons tous appris que la Terre tourne autour du soleil mais nous continuons à évoquer la "coucher du soleil", à utiliser des noms comme Occident ou Maghreb. Car c'est ce que nous voyons lorsque nous observons l'horizon. Sans parler des phénomènes physiques contrintuitifs tel que le cas de l'or, ce métal mou dont on a découvert que « chauffé à des températures dépassant un milliard de degrés, un réseau cristallin d’atomes d’or ne se met pas à fondre mais au contraire devient plus résistant... » (source). Et qui défrisent notre entendement...
D'autre part, c'est une propriété importante de l'apprentissage — et ce faisant de la découverte de notre monde — de former puis de délaisser des représentations pour en adopter de nouvelles. Tout en rappelant que les anciennes ne sont jamais complètement oubliées et peuvent resurgir. Par exemple, une femme qui montre sa colère est nécessairement une sorcière ou une harpie, ce stéréotype entrant en conflit avec l'image — non moins stéréotypée — de la mère, de la madone. Et je n'ai pas le temps de seulement commencer à évoquer nos représentations de la mort, de la reproduction, du Bien, de la jeune fille "Princesse", &c.

Si lire un livre de didactique des sciences ne vous semble pas rebutant, il y a ce livre qui m'a beaucoup plu.

2ement, la réfutation de l'existence des "préjugés" (a pregiven mind, dans la citation). Nos premières connaissances du monde, nous les recevons de nos parents (et care-givers). Rien que le fait de dire à un nourrisson "c'est maman, c'est papa" implante une dichotomie fondamentale qui restera certainement à jamais l'archétype d'un couple. Hormis peut-être au tennis où l'on parle de "double", les compétitions en couple sont toujours composées d'équipe homme-femme. On a jamais vu sur la glace de couple de patineuses, femme-femme... Pareil en danse. Puis je rappellerai la nature polyphonique du langage telle que démontrée par Bakhtine. Ainsi, les cas de parents qui consultent en thérapie familiale et qui se rendent compte que malgré tous leurs efforts lorsqu'ils s'énervent, ils réemploient les mêmes mots dont se sont servis leurs propres éducateurs (parents, grandparents...), sont innombrables.

Je ne connais pas un bon manuel de psycholinguistique, ni de bons bouquins en SLA (Second Langague Acquisition) et en Linguistique Cognitive en français. Mais il y a toujours çui-ci.

Ce qui m'amène à penser que Maturana avait peut-être une carte à jouer en biologie. Mais la démonstration de Verala en épistémologie n'est pas assez convaincante. Et clairement problématique prise en didactique. Je trouve que l'Émergentisme s'en sort intacte.
Par contre, ironie du sort ! je suis devenu plus réceptif au propos de Masciotra &alii qui utilisent le terme d'énaction beaucoup plus dans le sens qu'en avait donné Bruner, Agir en situation de (ou le préfixe én- IN en latin, prend plus de force). Je vais continuer à creuser, je pense. ^0^

Licence Creative Commons

Creative Commons License

Les textes publiés sur ce réseau sont mis à disposition sous un contrat Creative Commons. Vous pouvez donc les diffuser, les intégrer dans vos contenus et même les modifier ... mais n'oubliez pas de citer : source : apprendre2point0.ning.com


Votre avis nous intéresse ! Exprimez votre avis et faites progresser le réseau Apprendre2.0 !

Ce réseau est co-administré par :
- Florence Meichel
- Olivier Carbone
- Sylvain Bérubé
Notre conseiller scientifique :
- Olivier Auber

D'où venez vous ?!



Locations of visitors to this page

© 2009   Créé par florence meichel

Insignes  |  Signaler un problème  |  Confidentialité  |  Conditions d'utilisation

Ouvrir une session pour clavarder