Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Reproduction integrale du billet de ghislain Fabre sur sa proposition...il me semble que ce projet est particulierement interessant

Pour vos projets d'enseignements ou elearning, vous aimeriez héberger vous-même photos, fichiers audio, vidéos sans avoir à faire face aux limitations techniques de poids imposés par les fournisseurs en ligne de ces services, ni perdre vos droits d'auteurs comme l'imposent Youtube, Viméo ou Facebook ?
Vous aimeriez disposer d'un service de mails sans avoir une publicité qui s'insère automatiquement dans tous vos messages, ou sans que tout le contenu de vos mails soit analysé pour afficher des publicités ciblées d'après ce que vous avez écrit ?
Vous voulez proposer facilement à vos collaborateurs ou apprenants, un wiki, un calendrier partagé, un gestionnaire de tâche, un outil de bureautique en ligne sans les restrictions imposées par les services en lignes ?
Enfin, vous seriez intéressés de disposer de votre propre serveur web, sans devoir passer par OVH ou 1&1, pour y déposer vos cours réalisés avec eXelearning ou SCENARI sur une LMS comme Moodle que vous auriez installée ?

Suivez de près alors le projet Beelive, dont le défi est de répondre à ce type de besoins. L'initiateur du projet, Benjamin, a répondu avec soin à quelques questions sur le projet.


"Bonjour Benjamin.

Merci beaucoup d'avoir eu la gentillesse de répondre favorablement à cette petite interview.

* Pour commencer, peux-tu nous parler un peu de toi ?

Benjamin : J'ai 21 ans et je suis un jeune diplômé d'une licence spécialisée dans l'administration de systèmes et réseaux à base de logiciels libres que j'ai obtenue à Nancy. Étant titulaire d'un BTS informatique option administrateur de réseaux, c'était la suite logique.
J'ai fait mon stage de fin d'année dans une société de Nancy qui vend ses services sur les logiciels libres (installation, formations, maintenance, etc.) et qui vient tout juste de m'embaucher, je suis
donc désormais un jeune travailleur dans le libre, mon rêve quoi :)

Sinon, je suis assez impliqué dans le monde des logiciels libres :
- Il y a un an 1/2, j'ai créé un blog (http://www.generation-linux.fr) spécialisé dans les logiciels libres.
- J'ai également créé l'équipe de traduction française du magazine anglophone spécialisé dans Ubuntu : FullCircle Magazine (http://fullcircle-mag.fr/)
- J'écris quelques articles dans des revues spécialisées dans Linux (OpenSource Magazine, Linux Pratique).
- Et j'ai créé ce projet de "Home Computing", BeeLive.

* Est-ce-que tu pourrais nous présenter les objectifs du projet Beelive ?

Benjamin : Pour ma part, je souhaite m'affranchir au maximum des services "à la web 2.0" qui fleurissent de plus en plus. Un exemple très concret, j'utilisais depuis plus d'un an le service Netvibes pour gérer mes flux RSS. Je n'aimais déjà pas cette idée de donner mes flux RSS à un organisme indépendant, mais la goutte d'eau a été une grosse modification chez Netvibes, le rendant très très long d'accès (il fallait bien attendre 10 secondes de chargement avant de pouvoir
s'authentifier !).
J'ai donc décidé d'utiliser un service hébergé chez moi, sur lequel j'avais tout contrôle et qui était très rapide : Tiny Tiny RSS.

C'est à ce moment là que je me suis dit qu'il serait tellement bien que n'importe qui puisse faire la même chose. Malheureusement, cela nécessite un minimum de connaissances (mise en place d'un serveur web, d'une base de données, etc.). Je voulais donc "créer une distribution Linux simple et accessible permettant à Monsieur tout le monde d'avoir son propre serveur à la maison". Les applications sont multiples, chacun pourrait avoir son serveur web, son serveur mail, son serveur de messagerie, son serveur ftp, un service de partage photo et vidéo, etc.

* Pour ce qui est du matériel, si un utilisateur souhaite héberger lui-même son site web, courriels et photos avec Beelive, de quoi aura-t-il besoin ?

Benjamin : Un simple Pentium 3 serait largement suffisant, n'importe quelle machine pourrait accueillir cette distribution. Néanmoins, nous réfléchissons à mettre à disposition une "boite", un mini-pc type ITX ne consommant presque pas d'énergie avec la distribution BeeLive pré-installée et prête à l'emploi.

* Peux-tu nous indiquer une fourchette de prix pour pouvoir disposer de ce matériel ?

Benjamin : Si on utilise un vieil ordinateur, il suffit de recycler un vieil ordinateur ou d'en acheter un d'occasion pour, en général, moins de 50 euros.
Pour ce qui est de la "boite", l'idéal serait que nous trouvions une solution coûtant moins de 70 euros.

* Pour ce qui est des compétences, l'utilisation de Beelive sera-t-elle réservée à un public averti comme par exemple des administrateurs réseaux ?

Benjamin : Non, justement, la priorité de ce projet est de tout simplifier au maximum de manière à ce que n'importe qui puisse disposer de son propre serveur sans avoir aucune connaissance en informatique.

* Est-ce que tu pourrais nous indiquer des exemples concrets pour lesquels le projet Beelive se révèlerait utile dans le cadre de formations en ligne ?

Benjamin : Je n'en ai absolument aucune idée :) Si tu as des idées, n'hésites pas ;)

* Je pense par exemple à utiliser la box pour héberger soi-même wiki, blogs (Wordpress, Dotclear), LMS (Moodle, Claroline, Ganesha), groupwares ou des outils de réseaux sociaux (Elgg)...

Benjamin : Très bien ça, merci bien :)

* Peux-tu nous indiquer quel est actuellement l'avancement du projet ?

Benjamin : Le projet est pour l'instant en stand by, je n'ai plus trop le temps de m'en occuper et personne ne le fait pour moi. Cependant, je vais bientôt m'y remettre.
Nous avons à notre disposition un wiki et un forum qui nous servent à nous organiser, à choisir les logiciels que nous allons inclure dans la distribution, etc.

* Quelles seraient les différentes manières de donner un coup de pouce ou de participer au projet ?"

Benjamin : Actuellement nous sommes à la recherche de personnes sachant faire des paquets Debian. Je suis actuellement en train d'apprendre à faire un dépôt de paquet pour les héberger mais je ne sais pas en faire.
Sinon toute personne est la bienvenue, que ce soit pour suivre l'état d'avancement du projet, de faire de la documentation, de donner son avis, etc.
Ceux qui sont intéressés peuvent me contacter sur mon mail (via l'onglet contact de mon blog (http://www.generation-linux.fr)) ou bien s'inscrire sur le forum du projet : http://box.generation-linux.fr/ (adresse temporaire).

Encore un grand merci à Benjamin pour le temps consacré à ces questions, le soin qu'il a apporté à la rédaction de ses réponses, et pour le courage d'avoir initié ce projet.

Vous pouvez consulter aussi le cours dispensé par Cédric Manara en vidéo http://fr.deeptagging.com/watch/le-droit-de-l-internet, mentionnée par Stéphane (http://www.siloinsiproche.com/2009/07/10/guide-juridique-pour-chef-...), qui met en relief de façon remarquable l'importance des enjeux du projet de Beelive.
Le projet Beelive constituerait aussi réponse pertinente au verrouillage des donnés qui touchent un grand nombre de bloggers qui sont passés par des services en ligne tout prêts, et qui souhaitent s'en défaire : Le cas de Fadhila Brahimi relaté par Philippe Scoffoni (http://philippe.scoffoni.net/le-cas-fadhila-brahimi-de-la-necessair...) ou ici même sur viadeo, une blogueuse dans la même situation : http://www.viadeo.com/hub/affichefil/?hubId=0021kclpyfuuknrj&fo...

N'hésitez pas non plus à faire connaître Beelive et à soutenir son développement ;)

Que pensez-vous ?

A bientôt !

Repères : beelive

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Réponses à cette Discussion

Bonjour

Projet intéressant. Ne faut-il pas une IP fixe pour avoir son propre serveur à domicile?

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Bonjour.

C'est toujours le même problème, le débat entre l'indépendance et l'autonomie. En contrôlant tout le système informatique qui nous concerne et les informations dont nous sommes à l'origine, on pourrait parler de capital d'informations, on devient indépendant. Je pense que c'est justement tout ce qu'il faut éviter.
Il existe des problèmes dans les applications web2.0 d'aujourd'hui mais en particulier parce que, si elles décentralisent nos informations personnelles, il s'agit en réalité d'une nouvelle centralisation au sein du fournisseur. L'effort à produire n'est donc pas un retour à la personnalisation mais à continuer le travail d'ouverture et de partage. On pourrait plutôt fournir à Facebook, Google, ou d'autres, des ressources système personnelles. Cela pose de nombreuses questions, mais trouver d'anciennes réponses n'est pas une bonne chose à mon avis.

En ce qui concerne les projets pédagogiques c'est en tous cas tout ce qu'il ne faut pas faire. Le défi de l'école publique est aujourd'hui de dépasser sa structure capitaliste qui commence à dater maintenant.

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un article ineteressant ici sur le sujet de Ahn-tuan Gai qui nous explique entre autre que selon lui ;
" le web 3.0 garantira liberté, performance et sécurité aux internautes quand ils prendront le contrôle de l’hébergement de leurs vies numériques."

a lire : http://pisani.blog.lemonde.fr/2007/02/17/web-30-une-autre-branche-p...

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C'est une drôle d'idée de l'évolution du web. De plus c'est en contradiction avec la création d'un véritable espace social. Dans le monde réel on ne possède pas les informations que les autres ont sur nous, on ne contrôle pas sa place dans la société (qui nous est donnée avant qu'on soit capable de la prendre). Il serait bien plus intéressant de parler d'intégration car aujourd'hui nous sommes seuls, à devoir importer sur le web des relations sociales, s'inscrire a priori dans des communautés alors que c'est le comportement collectif qui provoque normalement l'existence d'une communauté.
Le contrôle des informations est un fantasme. Peut-être que ce sera le prochain web mais alors ce sera sa fin, parce que ça n'a aucun intérêt et que nous ne le pratiquons pas. Il me semble en plus que ça ne correspond pas à l'évolution des usages des plus jeunes générations (les vieux comme nous ne représentent pas le futur) et qu'aucune mersure rationnelle ne vient étayer cette thèse.

Quant à l'hébergement, on peut imaginer une toute autre manière de concevoir le stockage et la diffusion de l'information, ça voudrait dire aussi repenser l'architecture du réseau. Centralisation chez des hébergeurs, chez soi, c'est pareil finalement. D'ailleurs pourquoi parler de peer-to-peer comme le fait Ahn-tuan Gai ? A partir du moment ou on diffuse l'information se retrouve chez quelqu'un d'autre, le stockage partagé et répliqué est naturel sur le web et on peut donc penser à aller encore plus loin dans cette direction. Mais ça veut dire continuer à collectiviser nos moyens de traiter l'information.

Bon. Chacun peut faire son Ning chez soi sur son serveur, être toujours en face de la problématique technique, du risque non partagé de la perte de données. Ca ne change pas grand chose (pourquoi les commentaires que je mets actuellement sont hébergés au même endroit que l'article et que le reste de l'application ?). On peut aussi s'organiser collectivement pour créer un service sûr, en créant une entreprise, une fondation, une communauté ou une association. On peut même proposer des normes de communications entre collectifs distincts, un peu comme Google avec Wave... ou encore bien plus et c'est sans doute ce qui va se passer.

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Voilà une vision et un argumentaire auxquels j'adhère !

Merci !

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Moi aussi. C'est dans cette direction qu'il faut avancer.
Merci pour la réflexion.

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Il me semble important de se projeter dans un cadre de référence pertinent par rapport a ce que nous vivons et vivrons( IPV6) a l'ère du numérique...d'autres perspectives émergent !

Je vous propose d'écouter la conférence d'Olivier Auber sur la perspective numérique

http://amateur.iri.centrepompidou.fr/nouveaumonde/enmi/ldt/index/xo...

Nos repères changent en acte et nécessitent d'être re-penses !

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Bonjour !

Je vais sans doute choquer, mais j'ai envie de dire : une distribution Linux de plus !

L'indépendance revendiquée est une illusion :
1° Mettre en place une distribution Linux n'est pas aussi simple qu'on le dit...
2° Administrer un serveur Web non plus ;
3° A fortiori, gérer conjointement un serveur Linux et un serveur WEB sur la même machine...
4° De nombreuses tâches d'administration, telles que les sauvegardes sont souvent négligées...

Bref, on ne s'improvise pas Ingénieur Système et WebMaster : il me semble qu'il est déjà assez complexe de produire un contenu pertinent sans s'affubler de tâches techniques...

Vous cherchez une solution simple pour publier vos contenus, regardez du côté du navigateur Opera Unit...

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Je reve moi aussi de système d'hébergement aussi facile a installer et utiliser que les sites type web2.0 ; ca me semble justement être l'objectif de ce projet ?

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