Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Dans un monde en perpétuel mouvement, ce qui me semble demeurer, c’est la rencontre entre humain.
Actuellement dans le suivi des étudiants infirmiers dans la formation pratique, je me questionne sur ce qui important de transmettre (dans le respect des cadres pratiques et théoriques. Cela sans oublier que l’apprenant a des indispensables a acquérir.)
Que souhaiteriez vous apprendre si vous étiez ces étudiants ?
Merci de m’éclairer de vos réflexions.

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Précisément ce qui ne se transmet pas !

L'expertise, sa démarche, ses heuristiques, bref, ce savoir-faire qui permet :
* de trier le monceau de connaissances "indispensables" qu'il faut acquérir et dont on ne se sert jamais...
* d'identifier celles qui s'appliquent à une situation, en temps réel, avec une marge d'erreur suffisamment faible ;
* de mettre en oeuvre, avec assurance et pertinence, celles qui résolvent le problème posé.

J'ai eu l'occasion de participer à l'élaboration d'un système expert et de ce fait de travailler avec des cogniticiens.

Ces spécialistes tentent d'expliciter les connaissances, leur agencement en savoirs, leur confrontation à la réalité en savoir-faire pour les traduire en un ensemble cohérent, compréhensible, assimilable.

Si nous pouvions amener nos apprenants à se comporter ainsi vis-à-vis de chacune des personnes qu'ils côtoient, alors, sans doute votre question n'aurait-elle plus lieu d'être...

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Merci Gael,

Je suis en accord avec votre vision, pourtant il me semble qu’il y a autres choses :-

- L’expertise finie par s’acquérir avec le temps ...je pense.
- Ma démarche.... n’est qu’une parmi beaucoup d’autres de possibles, je la présente,
en précisant bien que ce n’est que la mienne et que bien d’autres existent, a chacun de trouver la sienne, dans le respect des normes.
- Mes heuristiques sont périssables, et je dois en inventer et /ou en acquérir d’autres au quotidien.

Les spécialistes qui tentent d’expliciter les connaissances, leur agencement en savoirs, leur confrontation à la réalité en savoir-faire pour les traduire en un ensemble cohérent, compréhensible, assimilable, tiennent –ils compte de la complexité et de unicité de chacun ?

Je travaille avec l’humain et j’ai la conviction qu’il est indispensable de tenir compte du caractère unitaire de chacun. C’est davantage dans ce cadre que je me questionne.

Je me questionne sur le comment nous veulons être pris en soins demain car les apprenants d’aujourd’hui seront les soignants de demain.

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Difficile de répondre sur le plan humain...

En tant que patient, je peste régulièrement contre l'absence d'humanisme des soignants...

Pour faire court, mais celà mériterait un développement, j'insisterai sur la capacité à développer de l'empathie.

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En vous lisant, je me pose une question, n'est-ce pas le positionnement de la transmission que vous questionnez plutôt que les contenus à transmettre ?

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Cette vidéo, c’est mon quotidien….
Pouvez vous en dire un petit peu plus Florence, par rapport a votre questionnement ?
« Je me pose une question, n'est-ce pas le positionnement de la transmission que vous questionnez plutôt que les contenus à transmettre ? »

Gael, je suis désolé que vous pestiez contre l’absence d’humanité des soignants, j’apprendrai beaucoup si vous me disiez ce que vous mettez dans ce terme.

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"Gael, je suis désolé que vous pestiez contre l’absence d’humanité des soignants, j’apprendrai beaucoup si vous me disiez ce que vous mettez dans ce terme."

Dès que je dispose d'un peu de temps... je développerais !

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Cette vidéo est votre quotidien...oui il me semblait l'avoir perçu ! :-)

En fait, je me disais que ce temps de rencontre....ce moment si particulier d'écoute partagée...ne s'enseigne pas...il se vit..au plus profond de soi et de ce qu'il met en jeu pour chacun...c'est ce qui en fait la force et l'authenticité...on ne triche pas...

Mais ce sont des temps qui ont besoin d'être accompagnés, sans doute mis en mots...et je me dis qu'il y a tout un travail d'accompagnement à construire avec vos étudiants autour de ces temps forts qu'ils sont amenés à vivre dans leur pratique avec les malades...

Il me semble que c'est une dimension fondamentale de leur apprentissage qui est largement sous-estimée voir ignorée...on préfère aborder les choses froidement sous l'angle de la maitrise du geste en laissant de côté la dimension humaniste qui dérange ! :-( C'est sans doute plus facile mais on passe à côté de l'essentiel...enfin il me semble ! :-)

J'ai été amenée à côtoyer des chefs de services d'une grand humanité...je me souviens avoir assisté à une visite matinale : une petite dame en phase terminale d'un cancer du colon....elle souffre...ça ne sent pas bon dans cette chambre close...le médecin entre suivi d'une cohorte d'étudiants en médecine...les jeunes apprentis en médecine font la grimace en entrant dans la chambre...ils se regardent et sortent les uns après les autres de la chambre...le médecin reste seul avec sa malade...il la regarde... pas de mots...il lui prend la main...ses yeux disent sa gêne...elle soupire !

En refermant la porte, le médecin s'est mis très en colère contre les étudiants...je me dis qu'il aurait été intéressant pour eux de faire tout un travail de prise de recul avec un accompagnant sur ce qui venait de se "jouer" pour eux et cette malade ???? Il me semble que l'on ne peut soi même accompagner que si l'on vécu un accompagnement...la transmission s'inscrirait ici dans le vécu et dans une forme de compagnonnage ????

En cela je rejoins l'approche d'Olivier sur la nécessité d'apprendre à apprendre ! :-)

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Si vous permettez, je vous répondrais après que Gael m’en ai appris davantage dans son développement, que je vais bien évidement attendre.

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Mon parcours m'a conduit à côtoyer les soignants à diverses occasions et j'ai relevé la même constante : les soignants sont des handicapés de la communication !

Je peux comprendre la mise en pratique d'une certaine distanciation...
Je comprends les moultes conditionnels utilisés pour décrire une évolution potentielle...
J'ai la certitude que la course au temps ne favorise pas les échanges...

Mais :
Je ne comprends pas l'absence d'une certaine chaleur dans la voix et l'attitude.
Je ne comprends pas pourquoi les mots de réconfort viennent des ASH (Agent de Service Hospitalier) à l'occasion d'un coup de balais, alors que le médecin vous dit à peine bonjour.
Je ne comprends pas l'impudeur généralisée : comme si le patient avait l'habitude de s'exhiber à tout un service régulièrement.
Je ne comprends pas ces personnels braques qui n'ont pas conscience qu'une blouse boudinée génère un inconfort conséquent pour quelqu'un qui est immobile.
Je ne comprends pas pourquoi le patient et ses proches doivent quémander de l'information.
Je ne comprends pas pourquoi les informations transmises sont si spartiates.
Je ne comprends pas pourquoi le patient devrait-il pâtir de la gué-guerre entre les corps de métier : l'infirmière qui dénigre la femme de ménage, le médecin qui râle à propos de la qualité d'un pansement. Tout cela ne participe pas à rassurer le patient !
Je ne comprends pas pourquoi, à l'heure d'Internet, il n'y a aucune coordination entre services.
Je ne comprends pas pourquoi, justement par manque de concertation, on ré-attribut un traitement qui s'est avéré désastreux par ailleurs.
Je ne comprends pas cette attitude systématique où l'on affiche une incrédulité revendicative lorsque vous exprimez une impossibilité à faire tel ou tel mouvement : si le patient est hospitalisé, c'est justement parce qu'il ne va pas bien !
Je ne comprends pas pourquoi les divers intervenants ne pensent pas aux petites choses du quotidien :
* Un verre posé trop loin sur une table de chevet trop haute ;
* Une carafe d'eau tellement pleine qu'il est quasi impossible de servir sans renverser de l'eau à côté du verre ;
* Cette même carafe d'eau qu'on ne renouvelle pas dans la journée ;
* Une alimentation "entière" alors que vous n'avez qu'une main et donc pas la possibilité de la découper ;
* Un pot de compote dont l'opercule n'a pas été retiré alors que vous n'avez qu'une main ;
* Des sachets de condiments non ouverts ;
* Une assiette plate, sans rebord, alors que vous ne pouvez pas vous servir de votre autre main pour pousser les aliments sur la cuillère ;
* Une sonnette si haute qu'elle ne sert à rien ;
* De gros cachets qui ne peuvent être facilement avalés ;
* Une aide-soignante qui vous lave le sexe (masculin ou féminin) sans ménagement : j'imagine ce que peu ressentir une femme face à ce gant intrusif là où elle est habituée à recevoir des caresses !
* Une autre aide-soignante qui vous lave le visage sans se pré-occuper du savon dans vos yeux ;
* Cette autre aide-soignante qui vous torche sans prendre garde à vos hémorroïdes ;
Bref, la liste serait longue, mais elle relève d'un seul dénominateur commun : le patient est un patient, pas un individu.

Le patient se caractérise par sa pathologie, son traitement, son numéro de chambre, mais quid de l'individu ?

On commence à prendre en compte la douleur physique, mais...

Quid de la douleur psychique ?
Quid des bleues à l'âme ?


J'ai concentré ici tous les griefs que je me suis remémoré...
Tous les personnels ne sont pas comme çà, mais il en reste encore trop !

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Bien, je comprends… a ce niveau … pour moi, ce n’est pas seulement un manque d’humanité, c’est un total manque de considération de l’être vivant qui se trouve en face de moi. J’espère que si un jour j’en arrive la, j’aurais le courage de ne plus faire ce métier.

« Je peux comprendre la mise en pratique d'une certaine distanciation... »
La distance est un bon sujet, sur lequel nous mettons un bon nombre de nos manques.
Nous avons bien de la chance, le sujet en question n’est pas personnifié et ne peut donc avoir un droit de réponse!
Bien que les lieux de soins soient des lieux particuliers, ils reflètent bien souvent les comportements « sociaux »… J’entends par la, que l’individualisme exaspère qui est de plus en plus présent dans nos sociétés, peut se traduire par le murs de plus en plus épais, que le soignant met entre lui et la personne donc il a la prise en soins… je ne l’en décharge par pour autant.
Tous les griefs que vous citez sont pour moi de la maltraitance consciente ou inconsciente. Il est certain comme vous le dites si bien « Tous les personnels ne sont pas comme çà, mais il en reste encore trop ! ». Peut-être bien que cette minorité tente encore a se réduire

Cela viendrait-il de la formation ?
Je pense qu’en parti, OUI.
Comme l’a souligné Florence « …il y a tout un travail d'accompagnement à construire avec les étudiants autour de ces temps forts qu'ils sont amenés à vivre dans leur pratique avec les malades...

Il me semble que c'est une dimension fondamentale de leur apprentissage qui est largement sous-estimée voir ignorée...on préfère aborder les choses froidement sous l'angle de la maîtrise du geste en laissant de côté la dimension humaniste qui dérange ! :-( C'est sans doute plus facile mais on passe à côté de l'essentiel...enfin il me semble »

J’ai la conviction que dans la formation des soignants l’essentiel est en effet la dimension humaine qui consiste a accepter d’entre en relation avec l’autre en t’en qu’humain.
Les gestes; ils finissent toujours par être acquis.
Dans l’être en relation, il n’y a pas d’acquis, pas de protocole a suivre; c’est deux humains qui cheminent semblent, dans la considération de leurs limites, tous deux changeant, aux pas de celui qui demande d’être accompagné et dans le respects des règles…

Exemple de Florence en dit long sur la formation…

Comme elle, je pense «…il aurait été intéressant pour eux de faire tout un travail de prise de recul avec un accompagnant sur ce qui venait de se "jouer" pour eux et cette malade ???? Il me semble que l'on ne peut soi même accompagner que si l'on vécu un accompagnement...la transmission s'inscrirait ici dans le vécu et dans une forme de compagnonnage ????... »
Dans une telle situation je voudrais demander a mes étudiants ce qui c’est passé pour eux pour qu’ils réagissent de la sortent ?
Prendre en considération cette réaction, chercher à la comprendre, et l’admettre aussi comme réaction possible a ce moment la.
En effet « ....ce moment si particulier d'écoute partagée...ne s'enseigne pas...il se vit...au plus profond de soi et de ce qu'il met en jeu pour chacun...c'est ce qui en fait la force et l'authenticité...on ne triche pas... »
Dans l’optique que nous sommes tous des êtres humains, cette vision est valable aussi pour les apprenants.

Transmettre le respect de la dignité humaine dans sa complexité et son unicité, c’est montrer a l’apprenant qui est devant moi comment je m’y prends avec la personne a prendre en soins, mais également le lui faire vivre par lui-même dans le comment je l’accompagne.

C’est certainement la seule chose que j’ai envie de transmettre et en meme temps, vouloir transmettre cela me semble bien présomptueux !
J'ai beaucoup a apprendre....

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:-) Cheminons ensemble ! :-)

Très bonne journée à vous ! :-)

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