Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Hier, j'ai lu avec attention le rapport "préconisation sur la réforme du lycée" !

Ce qui frappe d'abord c'est la lourdeur du système qui transparait au travers des mots ! on finit par décrocher tellement le truc devient massif, opaque et inerte !

Et puis, tout à la fin...si vous vous êtes accroché et avez dépassé l'envie refermer le dossier en vous disant "peine perdue"...il y a ces mots terriblement vrais :

" nous demandez (vous les adultes) d’être à 8h le matin au lycée –
évidemment frais et dispos, après une longue nuit de sommeil, un solide petit
déjeuner et le temps du transport. Vous nous demandez, dans ce lycée, de suivre
des enseignements de 55 minutes par séquence de cours, jusque vers 16, 17 ou
18 h selon les jours. La journée dure parfois jusqu’à neuf heures, avec plus ou
moins de creux. Les emplois du temps sont composés en large partie en fonction
des contraintes et des aspirations des professeurs et de la disponibilité des salles.
Vous nous demandez d’être vifs, intéressés, respectueux des savoirs et de ceux qui
les transmettent, motivés et assoiffés de connaissances. De choisir nos options à
l’heure du déjeuner ou en fin de journée. De rentrer chez nous le soir et d’assurer
avec régularité encore 2 à 3 heures de travail personnel. Si nous rencontrons des
difficultés, d’user aux mieux des divers dispositifs d’aide aux élèves en difficulté,
sans se sentir « affiché » ni même « puni » par des heures en plus par rapport
aux bons élèves, souvent tôt le matin ou tard le soir, les moments où, à l’évidence,
nous avons le plus envie d’être au lycée. »


« Quelle est la durée hebdomadaire légale du travail ? Dans le monde professionnel,
toute la journée de travail s’écoule t elle avec une égale et continue concentration ?
Le soir, au retour du travail, la première envie est-elle de se remettre au travail ?

Quelle place donne t on, une fois entré dans la vie professionnelle, aux loisirs, à la
télévision ou à la radio, à l’ordinateur, à la vie affective ? »

« Vous nous demandez de pratiquer un ou plusieurs sports, de nous former à
une bonne hygiène de vie et de corps, les professeurs d’EPS sont là pour cela ;
et aussi de nous passionner pour les arts, la culture sous toutes ses formes.
Et aussi de nous engager : dans la vie lycéenne ; dans la vie syndicale ; dans
l’humanitaire, l’aide aux personnes, la conduite de projet personnel. »

« Comment toutes ces activités trouvent-elles place dans notre emploi du temps ?
Le lycée est-il équipé pour inciter les lycéens à déployer de telles activités ? Les
lycéens sont-ils encouragés à développer leur personnalité à travers celles-ci ?
Ou bien est-ce que seuls comptent les résultats scolaires, les notes de 0 à 20,
la « moyenne », le niveau, la discipline, l’assiduité ? Vous nous demandez de
construire progressivement notre citoyenneté : comment pouvons-nous le faire si
nous ne sommes pas associés aux décisions qui nous concernent directement : la
cantine, les heures d’ouverture du CDI, les heures d’ouverture du lycée ? »

« Vous nous demandez de préparer notre vie d’adulte à travers des choix
successifs d’orientation ? Quels sont les moyens concrets, les actions précises qui
nous permettent de construire ces choix, en ne redoutant pas – en ne constatant
pas – que les dés sont pipés ? Que plus d’autonomie pour tous ne signifie pas une
encore meilleure utilisation du système pour quelques uns, les initiés, et un piège
encore mieux cadenassé pour le plus grand nombre ? »

« Vous nous demandez de respecter notre lycée, les lieux qu’il occupe et les
personnes qui le font vivre, les règles de civilité nécessaires à toute vie collective,
l’autorité que donnent le savoir et les responsabilités ? Et nous ? Nous sentons
nous toujours respectés, dans nos droits, dans notre quête, dans nos malaises ?
Le système d’orientation et le système de notation, les méthodes pédagogiques
sont-ils parties prenantes de notre éducation au choix, à l’émancipation, à
l’effort consenti, à la prise de responsabilité, bref à l’autonomie, celle de l’être
humain, celle du citoyen, celle du professionnel ? »

A lire ces cris de détresse, je me dis que les propos de Richard Descoings résonnent comme un cynisme absolu : Il faut arrêter de rêver au grand soir de l'éducation.... l'urgence n'est pas le rêve mais le changement de cap ! Et ce n'est pas qu'une question d'emploi du temps : tout est à remettre à plat...parce que les enfants sont en danger à l'école française !

Repères : rapport, souffrance

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