Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

O que j'aimerais que Jean-François Nadeau passe ici ajouter son commentaire, car il est celui qui m'a fait réaliser (en moins de 2 minutes, c'est dire combien il a les arguments pour convaincre) que l'achat de tableaux électroniques était inutile.

Ce matin, un blogue bien connu dont je tairai le nom pour être certaine que vous n'y alliez pas annonçait deux capsules vidéo produites par une commission scolaire du Québec où l'expérimentation du tableau blanc a été un succès.

Pourquoi ne pas y aller ?

Premièrement, parce que ces capsules font planter Firefox et ont la lecture difficile sur le navigateur dont-on-ne-peut-dire-le-nom (Exp...r) .

Deuxièmement, parce que les scies n'aiment pas les raies et que vous aurez peut-être raison de croire que si je commence à critiquer le vidéo, c'est parce que je suis jalouse de cette prof de maths jeune et jolie qui possède un tableau blanc et qui a l'appui de la Commission scolaire du Roy pour laquelle elle travaille alors que moi, je suis vieille et moche, que mes tableaux sont noirs et mes vêtements remplis de poussière de craie et qu'à mon école, je passe pour une hurluberlue geek parce que je sais ce qu'est youtube (j'exagère, mais à peine).

Troisièmement, parce que l'un des avantages présentés dans le video est que le tableau blanc est toujours propre, ce qui n'est pas le cas des tableaux noirs (ou verts) qui deviennent blancs à force d'être effacés. Euh... de késsé ? Combien de boîtes de brosses à tableau de luxe pouvez-vous avoir pour le prix d'un tableau blanc ?

Quatrièmement, parce que si je vous dis de ne pas y aller, vous aurez encore plus le goût d'y aller et de vous poser des questions concernant le tableau blanc et donc d'alimenter la réflexion. Ce qui est quand même le but de ce forum.

Cinquièmement, parce que quand on y pense bien, ce n'est pas le tableau blanc qui a des avantages, mais l'ordinateur qui se cache derrière !

Qu'en pensez-vous ?

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Réponses à cette Discussion

Tu as l'art des démonstrations paradoxales ! :-)
Et puis tu es pas moche et laide ! na !

Au de-là du confort et de la souplesse indéniables que cet outil apporte, je m'intéresse à l'intégration de cet outil dans dans la scénarisation des démarches pédagogiques...as-tu des infos sur ce point précis ?

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En fait, un des problèmes avec l'introduction des TIC pour supporter l'apprentissage, c'est qu'on les utilise pour répliquer les outils traditionnels. Utiliser un tableau blanc électronique pour répliquer ce qu'on fait depuis des lunes sur un tableau noir, ce n'est pas de l'innovation. Par contre utiliser le tableau blanc électronique pour permettre à un apprenant de manipuler des objets en 3D, chose qu'on ne peut pas faire sur un tableau noir ni dans un livre, c'est une utilisation innovante des TIC.

À titre d'exemple, un formateur qui doit enseigner comment remplacer le filtre à l'huile sur le moteur d'un navire. Il pourrait être encombrant d'avoir un moteur d'une telle dimension dans une salle de classe, mais il pourrait utiliser un modèle 3D pour enseigner la séquence et demander aux apprenants de répliquer la séquence sur le tableau blanc. Les Apprenant pourraient ensuite aller à bord d'un navire, voir le vrai moteur et effectuer l'opération sous supervision sans perdre de temps.

Je crois donc que le fait d'utiliser la technologie n'est pas nécessairement de l'innovation. L'innovation est d'avantage liée au type d'utilisation que l'on en fait.

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Je suis d'accord avec cette recherche de pertinence outils/contextes..les outils n'ont pas de pertinence en soi...ils ne le deviennent qu'au travers de leurs usages !

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Réaction au 5e point "...ce n'est pas le tableau blanc qui a des avantages, mais l'ordinateur qui se cache derrière !":
je dirais plutôt que ce n'est pas l'ordi qui a des avantages, mais bien le pédagogue qui sait bien l'exploiter avec ses élèves ;-)

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Un point de vue extérieur à la pratique…
(Quand j'interviens ponctuellement dans des formations, c'est malheureusement à l'heure actuelle de l'ordre du cours magistral... et sans tableau interactif — il faudrait que j'en parle à mes victimes favorites d'un [exceptionnel, même s'ils sont trop modestes] mastère d'édition «provincial»).

Le tableau blanc interactif me semble une remarquable opportunité d'apprentissage du travail collaboratif entre apprenants et animateur.

À envisager en regardant comment les enfants jouent avec une console de jeux, affichée sur un téléviseur, avec seulement une ou deux manettes :
j'en ai souvent observé se mettre à collaborer, passer la main au plus compétent pour lever telle ou telle difficulté, dans un effort de réussite partagé, où la compétition passe de la compétition entre joueurs à un désir d'avancer face à la machine (le «réel» qui résiste ?).

Pour moi, parmi les outils d'apprentissage, le tableau interactif paraît être l'occasion d'actions collectives, sociales au sens de la constitution d'un groupe cohérent, autour d'un projet dont l'horizon devrait pouvoir être défini par l'animateur.

Je délire, vous qui êtes plus près des pratiques, dites-le moi.

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Bien sûr, je ne peux qu'être en accord avec les interventions précédentes. Un outil TIC exploité comme un outil traditionnel ne sera jamais beaucoup plus qu'un beau joujou (avec parfois des avantages techniques, mais rarement des avantages pédagogiques). Cela dit, les écrans blancs (et les écrans interactifs) portent un potentiel qui me semble malgré tout indéniable.

En octobre dernier François nous faisait découvrir cette vidéo qui me semble particulièrement intéressante. Elle nous permet de juger des possibilités de ces outils. Loin de moi l'idée de vouloir contredire Jean-François, mais il me semble qu'il y a tout de même quelque chose à explorer dans cette avenue... si un jour nous avons les moyens de nous en procurer un exemplaire ;-)

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Parlant de coûts, ce même François publiait cette semaine un billet où Johnny Chung Lee fait part de sa façon (pas parfaite, mais quand même) de concevoir un tableau blanc pour pas cher... à partir d'une manette de la console Wii. Fascinant.

Les démonstrations vidéos sont ici (ou en format plus petit) et ici (ou en format plus petit). Je vais de ce pas les placer dans notre banque de vidéos ici, sur le réseau Apprendre 2.0. Je t'invite, C-A, à faire de même avec celle que tu as placée en commentaire ci-dessus.

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J'espérais que quelqu'un en parlerait! Merci. Je ne voulais pas avoir l'air trop à l'affût ;-) . Maintenant, il me reste à savoir comment François a fait pour lire le courriel que Missmath m'avait envoyé à ce sujet le jour même pour ensuite en faire le sujet de son billet quotidien. Il est vachement fort quand même! ;-)

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Tout ceci est fort juste, mais ça ne tient pas la route. Du moins pas nos routes enneigées avec nos pneus usés.

Je serais prête à faire la route pour aller serrer la main de Monsieur Cool, car, à mon humble avis, il a mis le doigt sur ce qui mène au paradoxe.

C'est l'apprenant qui est au centre de tout, c'est à lui que le pédagogue pense tout le temps. Ça va. Pour être plus efficace, le pédagogue se sert de divers outils, des plus traditionnels (tableau noir, craie) aux plus perfectionnés ou aux plus fous (voir Ron Clark). Ça va.

Mais qui se préoccupe vraiment des pédagogues, à part les pédagogues ?

Bien sûr que j'aimerais avoir un tableau blanc interactif ! J'aimerais aussi boire du Romanée-Conti ou un bon Yquems tous les soirs. Mais je n'en ai pas les moyens.

L'argument de Jean-François (j'aurais aimé qu'il l'écrive lui-même, mais bon, Monsieur adobe ces temps-ci...hi!hi!hi!) était le suivant : pour le prix d'un tableau blanc, on peut équiper un prof d'une tablette pc. Avec les projecteurs déjà installés dans les classes, branchés à la tablette, on obtient somme toute presque l'équivalent du tableau blanc. Ok, le professeur ne peut pas agir directement sur le tableau comme il le faisait au tableau noir, il doit le faire de sa tablette (voir le commentaire de Monsieur Boulet), mais équiper un pédagogue, n'est-ce pas préférable à équiper une salle de classe ?

Considérant qu'on a du mal à fournir une barette de mémoire (clé usb) à tous les enseignants, considérant que plusieurs écoles n'arrivent pas à fournir un ordinateur à chacun de ses professeurs, considérant que c'est bien beau avoir un tableau interactif, encore faut-il avoir des activités à présenter dessus et que cela ne se fait pas comme ça, considérant la tâche de travail actuel d'un professeur et le manque terrible de ressources au développement pédagogique, croyez-vous sincèrement qu'il faut dire oui à l'achat de tableaux blancs ?

Oups... ça casse un party hein ? J'y peux rien, je déteste le temps des Fêtes ! Désolée...

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A ta question, j'aurais bien envie de répondre : ça dépend !
Difficile de répondre de manière arbitraire et uniforme à ta question, je crois !
Il me semble que les choix doivent être fait en fonction des projets pédagogiques...les couts ne sont pas annodins et les décisions méritent d'être prises en fonction de critères de pertinence..Guy nous a donné un cas ou le tableu interactif est vraiment un atout (enfin il me semble)...La vidéo que propose François m'interpelle moins...encore que ! :-)
Je me dis que la meilleure option serait un budget à gérer et des arbitrages à faire par les pédagogues dans un environnement stimulant ou chacun peut échanger et trouver des éléments pour prendre une décision cohérente par rapport aux projets ?

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C'est aussi l'option qu'a choisie François ici

http://www.opossum.ca/guitef/archives/004088.html

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Oui, ça casse le party, mais il nous faut nous poser ces questions !

Chez nous, on n'a même pas de clé USB fournies. (Quoique l'on peut s'en procurer presque gratuitement ces temps-ci (1 ou 2 Go) avec les inévitables baisses de prix qui surviennent quand arrive des formats de stockages plus grands...)

Tu soulèves aussi le problème de l'uniformisation des moyens donnés : projecteurs qu'on voudrait voir installés dans TOUTES les classes, clés USB fournies à TOUS, etc.

Parallèlement, on parle souvent d'individualisation des apprentissages, individualisation difficile à réaliser concrètement dans un système où toutes les instances poussent encore vers l'uniformisation : syndicats, directions, commissions scolaires, structures physiques, etc.

Si on parle d'individualisation du côté des élèves, pouquoi devrait-il en être autrement du côté des profs ? OUF ! Je casse le party à mon tour en ouvrant cette boite de Pandore ! Dans un système d'éducation idéal, on devrait pouvoir équiper les profs qui veulent avancer vraiment. MAIS, tout ceci risque de demeurer utopie dans la plupart des écoles, en partie à cause de notre culture d'uniformisation, en partie à cause des jalousies inter-collègues inévitablement suscitées par de telles initiatives, en partie à cause de la peur maladive du précédent dont souffrent beaucoup de directeurs d'écoles, etc.

Bref, j'ai de la misère, ce matin, à voir une lumière au bout du tunnel... Pas de party chez moi non plus, on dirait ;-)

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