Ce matin Francis Pisani donnent quelques conseils aux parents pour accompagner nos enfants dans le développement d'un esprit critique vis à vis de leurs cyberpratiques !
Je retiens notamment ces deux points :
"2 - L’énorme quantité d’informations et de sites de mauvaise qualité fait de la formation à l’esprit critique à la fois une nécessité e une opportunité. Il est plus urgent et plus facile de montrer que tout ce qui apparaît devant nous doit être abordé avec distance et un scepticisme actif que quand c’est écrit dans un livre gros et impressionnant.
3 - Préparer nos enfants aux pièges qu’ils peuvent rencontrer sur le web est aussi indispensable que leur apprendre à traverser une rue. Plus nous leur apprenons tôt les dangers encourus, mieux ils sauront se protéger eux-mêmes. Au début, il faut sans doute les prendre par la main en leur expliquant ce qui se passe."
Transposé au monde éducatif, la réflexion de Francis résonne avec certaines de mes réflexions actuelles : je m’interroge en particulier sur la qualité et les objectifs de certains matériel pédagogique dont l’éthique me parait très discutable !
http://florencemeichel.blogspot.com/2008/10/le-sophisme-de-la-socio...
Pas si simple de construire des outils et des accompagnements qui permettent à chacun de prendre du recul sur les cyberpratiques avec le souci du respect des personnes !
Très récemment, Olivier Auber et Yann Legennec m’ont fait découvrir une gamme d’outils que je trouve particulièrement intéressants, en particulier le générateur poïétique que nous avons eu le privilège de
tester au sein du réseau Apprendre 2.0
Quels en sont les principes :
” Derrière ce nom étrange se cache une expérience collective très simple et très enrichissante pour les enfants de 7 à 77 ans. En fait, ça marche déjà à partir de 3 ans avec accompagnateur.
Il s’agit de dessiner à plusieurs sur une même image. On ne peut pas dessiner partout, chacun dessine sur la surface qui lui est affectée composée de 20 par 20 pixels. On connait des expériences ou chacun peut dessiner partout. Le problème est que c’est le chaos au delà de deux personnes simultanément. Dans le Générateur Poïétique au contraire, un dessin global s’auto organise petit à petit sans qu’il soit nécessaire d’imposer préalablement un thème.
Les traces de chacun sont enregistrées au fur et à mesure si bien que l’on peut revoir ensuite toutes les phases d’élaboration du dessin.
Il s’agit moins d’une expérience picturale - ce n’est pas le “beau” qui est visé - qu’une manière de donner à chacun un moyen d’éprouver les mécanismes qui sont à l’oeuvre dans une interaction collective. En particulier le mimétisme joue un grand rôle, et ça se voit, ce qui peut donner ensuite l’occasion de discuter dans la cour de récréation et dans les marchés financiers ;-)
Un petit système de prise de rendez-vous est disponible ci-dessous, ce qui permet éventuellement de se coordonner pour proposer une session commune à divers groupes répartis sur la planète. En effet plus on est nombreux en même temps sur l’image, plus c’est drôle et intéressant.”
Avec ce genre d’outils, on va, en actes, au coeur des processus en jeu dans de nombreux réseaux sociaux qui, sans cela, restent opaques et bien souvent insaisissables ! La visualisation des processus en temps réel est une dimension fondamentale de la démarche ! C’est le genre de choses sur lesquelles les écoles, les universités, entre autre, peuvent s’appuyer pour développer le sens critique des acteurs en toute éthique !
Qu'en pensez-vous ?
Quelle est votre expérience dans l'accompagnement de ces démarches qui visent le développement du sens critique par rapport aux cyberpratiques ?