Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Je reprends les mots de de Martine Jaudeau, rédactrice en chef de Thot pour introduire cette discussion :

"Ni les systèmes d'enseignements, ni le monde professionnel n'encouragent les individus à être créatifs. L'idée est plutôt de les faire correspondre au moule que les institutions ou les entreprises affectionnent, parce qu'elles le connaissent bien et en retirent un certain pouvoir.

Le futur des jeunes - les années 2060...? - est totalement imprévisible pour les adultes censés les éduquer aujourd'hui. Le monde change trop rapidement. Alors, la hiérarchie des matières "pour trouver un métier" communément admise, qui met les mathématiques en haut de l'échelle et les arts vivants comme la danse tout en bas, n'est pas forcément la meilleure."

D'une certaine manière, les outils du web 2.0 pourraient permettre des projets transversaux qui intègrent des dimensions artistiques assez intéressantes : je pense en particulier à ce genre d'outils :
- livre collaboratif : http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/2007_07_01_archive.html
- créer des histoire (bd et animations) : http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/2007/09/raconter-des-...
- roman photos : http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/2007/10/education-20-...
- travail sur des fichiers sons avec l'application open-source audacity : http://audacity.sourceforge.net/
- L'application flickr est une mine de trésors photos : http://flickr.com/

Qu'en pensez-vous ?

Repères : art, créativité

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Réponses à cette Discussion

Pour avoir pratiqué un art depuis ma plus tendre enfance (ça fait donc longtemps ;-)
pour le pratiquer encore aujourd'hui (c'est ma 2e vie, comme je dis toujours)
je peux dire que les arts sont et seront toujours une façon complète (la plus complète?) d'apprendre, voire de vivre.

Mais ils seront toujours plus ou moins bien «compris» et les artistes (les vrais, pas les techniciens fort habiles, mais «techniques», qui font ce que le gérant décide pour alimenter la machine à sous) seront toujours à peu près pauvres !

Ceci dit, il faut continuer d'offrir des arts à l'école, c'est l'évidence même à mes yeux.

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C'est intéressant ce que tu dis : selon ton expérience, en quoi la pratique de ton art est-elle une façon plus compléte d'apprendre, voir de vivre ?

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Il y a d'abord l'aspect "sollicitation du cerveau" dont j'ai déjà parlé partiellement, en commentaire, chez François, dans ce billet. Dans mon cas, l'art en question, c'est la musique. La musique est pour moi quelque chose de complet, car ça touche plusieurs aspects de la personne et plusieurs zones du cerveau. Il existe des études là-dessus, mais je devrais trouver les références (Ça demande un petit temps que je prendrai... plus tard ;-))

Pratiquer la musique me permet donc un développement plus complet, à mon humble avis, que certaines autres activités plus "locales", disons. Je ne dis pas que c'est la seule voie, qu'il n'y a rien d'autre de complet, etc. Je dis juste que, pour moi, c'est la façon la plus complète et que ça peut l'être pour d'autres personnes aussi. En plus, la musique permet d'évacuer le trop plein (sorte de mécanisme de soupape salutaire) quand certains signes d'alarme ou de fatigue retentissent dans "le système"... Je suis absolument convaincu que la musique, pour moi, a empêché à un moment ou l'autre de ma vie des phénomènes comme le burnout, rien de moins !

Par contre, il me vient un exemple couramment mentionné, à propos de la musique qui peut avoir aussi un aspect nuisible. Quand je fais une tâche demandant plus de concentration (étude, corrections, etc.), je fais partie des gens pour qui écouter de la musique est nuisible. Ça me prend alors le silence le plus complet possible : comme quoi rien n'est parfait ;-)

Je sais que je n'aborde peut-être pas les choses sous un angle très scientifique ici, mais j'essaie juste de faire parler mon expérience. Je suggère des pistes plus que je ne veux énoncer de grands principes rigoureusement prouvés. D'ailleurs, je me demande parfois si les sciences exactes existent pour vrai à 100%... Il y a toujours une part d'inexactitude qui surgit un jour ou l'autre et que l'on doit creuser pour mieux comprendre tel phénomène dont cette variable précise ("la "nouvelle" inexactitude ou le nouveau questionnement) nous avait échappé jusqu'alors.

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J'aime bien cette prise de recul sur ton expérience !

Si je comprends bien la musique te semble une dimension plus complète dans le sens ou elle sollicite très naturellement des processus relativement transversaux...ça te semble à ce point reliant que tu le vis comme un bien être, une forme d'apaisement...

Cette sensation connaitrait une limite : celle de la nécesité de te concentrer sur une activité...ce qui semble assez cohérent avec ce que tu viens de dire puisqu'a ce moment précis il semblerait que tu aies besoin de de restreindre les liens autour de ton activité !

il y a comme une respiration entre les deux...une expansion et une restriction qui alternent et s'équilibrent ?

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La limite vient aussi du fait de l'oreille absolue et de ses inconvénients, car cette mémoire des fréquences ne comporte pas que des avantages, en dépit de ce que veut le faire croire ce que j'appellerais une légende urbaine (ou une méconnaissance du phénomène).

Quand j'entend une pièce, peu importe laquelle, j'ai un texte en continu qui déroule : "la-fa-si-do-ré", etc.

Alors quand on ajoute à cela l'appréciation des harmonies, des "couleurs" et des timbres que peuvent prendre la musique dans telle ou telle pièce, alors c'est suffisant pour faire décrocher de la tâche principale n'importe quel cerveau.

J'aime beaucoup l'idée de «une expansion et une restriction qui alternent et s'équilibrent». Ça répond en partie à cette réalité qui est la mienne...

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Et bien moi je me coucherai moins bête ce soir ! :-)

Je viens de découvrir la notion d'oreille absolue : fascinant...et je comprends que la résultante puisse osciller entre passion et envahissement !

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N'y a-t-il pas également une grande part de plaisir dans la pratique d'un art ? Je pense que la pratique d'un art (choisi) fait intervenir un certain nombre de notions liées à l'apprentissage : le plaisir, l'"engagement", le "flow". Tous renforcent la motivation, favorisent l'apprentissage et placent la personne dans une situation, une ambiance propice à l'apprentissage.

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Je reprends tes propos "Le monde change trop rapidement. Alors, la hiérarchie des matières "pour trouver un métier" communément admise, qui met les mathématiques en haut de l'échelle et les arts vivants comme la danse tout en bas, n'est pas forcément la meilleure.".

Ce qui me gêne c'est cette opposition maths et art que tu fais. Je crois que les mathématiques pâtissent d'être un outil de sélection alors qu'elles font appel profondément à l'imagination et à la créativité. On confond un peu trop technique mathématique et pensée mathématique, un peu comme si on réduisait la musique au solfège.

L'aspect intemporel des mathématiques m'a toujours fasciné, ce qui a été démontré comme vrai il y a 2000 ans sera toujours vrai dans 2000 ans et sera touours enseigné !!

En tant que prof de maths, j'essaie le plus souvent possible de me rappeler cette citation d'Albert Jacquard : "Sauf pathologie mentale profonde, tout le monde est "bon en maths ". Mais pour des raisons que les psychologues pourraient sans doute élucider, certains jeunes décident qu'ils ne sont pas bons. Je crois que la principale responsabilité réside dans la façon dont les mathématiques sont enseignées." ça a de quoi déranger et c'est excellent :-)

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Ces propos me rappellent l'époque où on savait voir ce qui unissait diverses réalités ou divers éléments d'une réalité complexe. Une vision plus synthèse, moins décortiquante de la réalité, peut-être ?

À cette époque, sciences et arts se conjugaient plutôt que s'opposaient.

Aujourd'hui, trop souvent, on perd le fil à force de décortiquer pour mieux comprendre. On comprend peut-être mieux un élément isolé, mais on perd de vue la réalité d'ensemble. C'est une tendance, je dirais... Mais l'un ne doit pas exclure l'autre.

Ceci dit, je ne vois pas pourquoi maths et arts ne pourraient se conjuguer à nouveau ! Mais pour ça, ça prend des gens qui voient plus large, qui ont une vision moins compartimentée des choses, qui font des liens...

Peut-être qu'aujourd'hui, on met trop l'accent sur des technicalités et pas assez sur les éléments qui peuvent unir les disciplines...

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Je vous rejoins tous les deux : il y a des équilibres à trouver, des liens à faire et nous en sommes les acteurs/auteurs....pas simple...complexe... mais riche de possibles...au travers de la pratique artistique, il me semble que nous le touchons du doigt, un peu plus qu'ailleurs ! :)

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Je me trompe peut-être mais il me semblait au contraire que maths et musique faisaient plutôt bon ménage. Après tout, pour bien respecter le rythme ne faut-il pas savoir qu'une blanche vaut 2 noires (1 noire +1 noire = 1 blanche, un des cas où 1+1 = 1 ;-) ), etc ?

La compartimentation des matières réduit notre champ de vision et par conséquent, notre créativité. Or, je pense qu'aujourd'hui, une des compétences les plus importantes à développer est la créativité (il suffit de regarder les offres d'emplois...).

Je vous invite à regarder la présentation de Sir Ken Robinson sur ce sujet : Do schools today kill creativity ? (je l'ai ajoutée dans les vidéos).

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J'ai toujours eu un faible pour les maths, je l'avoue ! Alors je suis très en accord avec le fait que musique et maths vont bien ensemble, ne serait-ce qu'au niveau du rythme, à peu près impossible à tenir sans quelques notions de base qui sont mathématiques au fond.

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