Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

florence meichel

World-Life-Web : une révolution silencieuse dont NOUS DEVONS être ACTEURS !

A propos des évolutions de web, nous vivons actuellement un moment clef de mutations majeures qui impacteront profondément nos vies au long cours...Vous avez peut-être entendu prononcer ces mots rébarbatifs comme web sémantique, protocole IPV6, micro-formats, informatique ambiante...etc...sans bien comprendre de quoi il retournait et quelles incidences ces notions auraient dans la vie de Monsieur et Madame tout le Monde...Il faut bien avouer que beaucoup cultivent un discours technique pour le moins opaque autour de ces questions pourtant si fondamentales pour l'avenir chacun de nous !

Je vous propose donc au travers de nos discussions de clarifier ces différentes notions pas à pas pour en comprendre les tenants, les aboutissants et les enjeux pour chacun !

Liste des discussions en cours :

1- Tendances Internet - Informatique ambiante - Nannotechnologies
http://apprendre2point0.ning.com/video/video/show?id=945551%3AVideo...

1- Web Sémantique
- A la découverte du Web sémantique (présentation)
- Web sémantique et W3C
- Connaissez-vous les micro-formats

2- Protocole IPV6
- Le protocole IPV6 : qu'est-ce que c'est ?
- De IPV4 à IPV6 (vidéo)

3- ICANN
- L'ICANN : c'est quoi ?

4- Enjeux Politiques et sociétal
- L'homme est-il un document comme les autres ?

Repères : education-médias

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Réponses à cette Discussion

Je sors de ma bulle pour retourner à la sphère...
Métaphoriquement tout tourne autour de la planète et ce que je lis sur celle d'Apprendre 2.0 éveille ma soif de connaissance ! Merci !

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Merci Adrien : je serais très heureuse de pouvoir échanger plus souvent avec toi ! :-)

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Je vois que notre conversation d'hier t'a boostée *^_^*
Merci pour ce topo ^^

Peut-être pourra-t-on lire en lien le livre de Joël De ROSNAY, Scénarios 2020, réédité le mois dernier et disponible en .pdf sur son site-vitrine.

JdR a le souci d'évoquer toutes les nouvelles technologies que se profilent à l'horizon en indiquant en quoi elles seront un atour pour nous à l'avenir. Néanmoins, sa position n'est pas aussi angélique que l'on pourrait le croire à priori. Cette encore une excellente lecture que nous propose avec ce livre le directeur scientifique de la Cité des Sciences de Paris.

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Je viens de rajouter un excellent support conférence expliquant le web sémantique et la dimension W3C en particulier...ce support me semble assez accessible et il est en français ! :-)

http://interstices.info/jcms/c_18256/le-web-du-futur

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Je viens de parcourir le diaporama sur " l'Homme document " et j'en ressort un peu sceptique.
Nous noyant sous une avalanche de concepts aux noms plus ésotériques les uns que les autres, il me semble que l'auteur joue beaucoup du fantasme autour de la "redocumentarisation" de l'Homme assimilé à un document.

L'aspect le plus intéressant me semble l'attention portée à l'utilisation des données personnelles à des fins commerciales. Les JT en ont d'ailleurs parlé il y a peu à propos de la galaxie Google.
Cependant, rien de très nouveau là dedans, le fichage et l'exploitation des données est une activité qui existe depuis bien longtemps. La Poste possède une filiale qui analyse le courrier reçu afin de dresser le profil de celui/ceux qui se cachent derrière l'adresse (physique celle-là).

Seuls les moyens changent. Google passe un marché avec ses utilisateurs:
Je t'offre des tas de services gratuits, tu me laisses exploiter tes données.
Personne parmi nous n'en est dupe, je pense, même si ceux qui enseignent doivent en informer leurs élèves.

L'enjeu majeur reste cependant celui de la propriété/accessibilité des données:
Comme l'a montré l'exemple de Google Map Maker, l'utilisateur est invité à compléter les cartes à partir de ses connaissances du terrain mais, contrairement à des projets comme OpenStreetMap ou OpenAerialMap , c'est Google qui reste propriétaire du contenu généré. Et le problème, c'est que le propriétaire à le robinet entre ses mains et peut le fermer ou facturer quand bon lui semble...

Le Web sémantique me semble très intéressant et c'est à mon avis là, dans l'interopérabilité des données, que se joue l'essentiel. Des projets comme le Thematic mapping engine de bjorn Sandvik qui cherchent à mettre en relation les données libres avec des outils de visualisation comme Google Map ou Earth sont très intéressants.

A ce sujet, la bagarre autour de nouveaux standards bureautiques, OpenDocument (Open Office) contre OpenXML (M$ Office 2007) est importante, tout comme l'offensive massive de M$ sur le monde enseignant (téléchargement "gratuit" depuis fin Juin pour les enseignants mais pas pour leurs élèves ni les établissements... C'est l'ultime tentative, perdue d'avance, pour tenter de conserver la main-mise sur la bureautique.

Car si on déconnecte les données de l'application qui les crée, on fait sauter un verrou énorme. Finie la rente de certains grands du secteur... et surtout, la valeur ajoutée n'est plus dans l'application qui produit les données mais dans les données elles-mêmes.
Où l'on voit que Google a des années-lumières d'avance sur M$ !!

Et on retombe sur le débat premier: Qui contrôle les données produites ?
Moi ou Google (ou ses concurrents) ? Celui qui les produit ? qui les héberge ? qui a fourni l'outil gratuitement pour les produire ?

Il me semble que, au-delà de la technique, du XML, du RDF... l'enjeu majeur est là.
Si l'Homme est un document, qui en est le propriétaire ?

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Merci David pour ce point vue étayé et fort intéressant !
Je te rejoins entièrement sur la problématique finale : Si l'homme est un document, qui en est le propriétaire ?...le simple fait fait qu'on soit amené à se poser la question me parait assez révélateur de l'urgence de la situation ? Pour moi, il me parait évident que chacun doit rester maitre en la matière : n'y a t-il pas nécessité vitale de plancher sur une nouvelle clause des droits de l'homme concernant les droits des internautes ! ça me parait très cohérent si on situe les choses dans un contexte de World-Life-Web et vue les dérives en cours ! Il est peut-être là le premier pas vers ce projet de citoyenneté mondiale ! Qu'en penses-tu David

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Je trouve Pisani (Edgard...pas Francis ;-) fort pessimiste sur la citoyenneté mondiale...
Je voyais il y a quelques jours au JT de France 2 une petite française qui prenait des cours d'Anglais via le Net auprès d'une étudiante Indienne.
Croit-on sérieusement que cette mise en relation ne changera rien pour ces deux personnes ? Qu'aucune des deux ne va s'interroger sur qui est de l'autre côté ? Comment elle vit ?
Certes, ça prendra du temps mais la dématérialisation et déterritorialisation amènent déjà des personnes d'horizons fort différents à travailler sur des projets et autour de valeurs communes. En cela, on peut dire qu'elle existe déjà, cette citoyenneté. Ce qui n'implique absolument pas, comme feint de le croire Pisani, abolition des spécificités culturelles, bien au contraire.

Dans les bouleversements de l'économie numérique, il me semble que l'aspect le plus troublant est la rupture totale de cloisonnement qu'apporte la dématérialisation du travail basé sur les outils numériques. Désormais, celui-ci est, dans la plupart des cas, accessible partout, tout le temps et, si on le veut, pour tous.

Ce qui bouleverse également toute la chaîne, du temps de travail, de la création de valeur ajoutée et de sa rétribution.

Quand suis-je le plus utile et productif pour la (ma) société ?
En faisant ma leçon face aux élèves ? En complétant mon blog pour y reprendre la leçon, y déposer des documents, fournir des conseils pour réviser, indiquer des prolongements possibles grâce à une veille numérique chronophage, répondre aux mails des élèves, en m'informant et me formant, etc... ?
En apportant au quotidien aux collègues une assistance technique ?

Tous ces aspects "périphériques" de mon travail ne sont absolument pas pris en compte aujourd'hui dans ma rétribution salariale...
D'où un certain sentiment de travailler pour rien par moment...

On est passé d'une société centralisée, verticale, verrouillée, où la production de valeur ajoutée se faisait au bureau et avec les outils fournis par l'entreprise à une société décentralisée où la valeur ajoutée se fait un peu partout et tout le temps. Cette valeur ajoutée est de plus en plus attachée à l'Homme, ses connaissances et compétences qu'il acquiert et adapte tout au long de la vie souvent sans aucune intervention de son entreprise, son expérience, sa réactivité...
Combien de salariés travaillent à la maison sur des outils bien plus performants que ceux fournis par leur employeur, quand ils ne transfèrent pas ces bonnes pratiques dans l'entreprise et auprès de leurs collègues.

C'est aussi valable sur le plan de l'enseignement, où l'enseignant doit apprendre à co-produire son enseignement plutôt que de rêver au retour vers le "bon vieux temps" où l'élève ouvrait tout grand son cerveau pour enfourner le précieux savoir... On voit la même tension sur le plan politique entre démocratie représentative (je sais ce que j'ai à faire, j'ai un mandat pour 5 ans, vous aurez la parole à ce moment-là) et démocratie participative...

Si on revient à l'interopérabilité des données, c'est justement le moyen de mettre en relation cette production décentralisée. Le problème, c'est de savoir qui est propriétaire de toute cette production collaborative ? Moi ? Celui qui fournit les outils ? La société ? Et comment on prend en compte cette production ?

Par exemple, le journaliste auteur d'un blog politique très consulté, Plume de Presse, ne peut, quelle que soit l'audience pourtant fort élevée, vivre de cette activité et vient de sortir un livre.
Quel que soit le temps passé à produire du numérique ou autre, on ne me rémunère que sur mes heures face à élèves et rien d'autre.
La valeur ajoutée est donc encore pour la plupart ancrée sur du matériel, du concret. C'est le même dilemme qui se pose pour les artistes "victimes" du numérique.

Or, on voit bien que si certaines entreprises comme Google ont bien saisi l'enjeu, l'ensemble de la société reste encore écartelée entre l'ancien modèle, sur lequel se crispent certains (Voir la loi nouvelle Création et Internet) et le nouveau.

Pourtant, sans idéalisme angélique, je suis sûr, en observant qui cherche à retarder par tous les moyens son développement, que ce nouveau modèle est à la fois participatif, responsabilisant et émancipateur, pour peu qu'on y prépare les futurs citoyens.

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Justement David, tu évoques la dimension de responsabilité à propos de la société participative mais objectivement j'ai le sentiment que cette dimension ne préoccupe que très peu de personnes...
Sans développer de projets politiques à long terme, la société participative restera à l'étape du "civisme poli" avec ses incohérences sociales et économiques, comme tu le soulignes très bien dans ton commentaire !
Et la question de la propriété le montre bien : quels sont les droits des internautes, comment les faire valoir pour chacun ?
Tant que nous n'aurons de réponses très concrètes à ces questions, des sociétés priées ou des institutions publiques voir des gouvernements profiteront de ce vide ! Et beaucoup de monde continuera à en faire les frais !
Google l'a juste compris avant tout le monde !
Mintzberg l'a très bien analysé dans son approche de l'adhocratie, pour perdurer dans le temps ce type d'organisation doit se structurer...nous sommes peut-être arrivés à un moment clef de ce processus ou la survie de ce que nous mettons en oeuvre dépend de notre capacité à agir et penser des formes de pouvoir et de pression politique et économique autour ce cette participation et des projets de société que nous portons à l'échelle de l'humanité !
En cela, je trouve que le point de vue d'Edgar Pisani sur la citoyenneté est éclairant...
Mais comme toi, je situe le projet sur une échelle de déterritorialité...et c'est là, à la fois la difficulté et le challenge !
Nous sommes à un moment clef, en bordure de chaos comme aime à le rappeler Joêl de Rosnay et l'un des versants est un régime totalitaire !....

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Comme le dit si justement Tasar dans un commentaire à ce billet de Francis Pisani (le fils ! :-) ) : "ce n’est plus un problème de spécialiste mais une question de société”

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Tout à fait d'accord sur le fait que l'on est entré dans une période charnière.

Toutes les organisations à vocation représentative, partis politiques, syndicats ou entreprises peuvent se sentir remises en cause dans leur existence. Le fossé et la totale incompréhension de la démarche participative de Ségolène Royal par la majorité du parti socialiste et beaucoup de citoyens en est l'illustration.

Pour conserver cette position de médiateur obligatoire, et leur place par la même occasion, on peut craindre effectivement une réaction liberticide.
Les tentatives de mettre la technologie au service du contrôle du web participatif sont bien réelles comme tente de le faire la loi Création et Internet ou le rapport de la députée européenne Marianne Milko

Cependant, peut-être que je pêche par excès d'optimisme mais il me semble qu'il s'agit là des derniers soubresauts.
La pratique du Web est déjà tellement enracinée que je vois mal comment on pourrait tourner radicalement vers une société totalitaire type "1984" même si je ne néglige pas cette menace.

Quant à la participation, je pense que c'est une part inaliénable de la formation aux TICE. Que non seulement on sache se servir des nouvelles technologies mais qu'on s'en serve effectivement, à chacun selon ses possibilités... Quand je vois la vivacité des blogs et autre médias participatifs (Agoravox et autres...), je ne me fais pas de souci...

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Comme toi David, j'ai l'intime conviction d'une croissance du taux de participation en lien direct avec le développement d'une culture de la participation....mais parallèlement la question des responsabilités associées devient encore plus fondamentale...Comment aujourd'hui défendre nos droits pour éviter les dérives totalitaires sans tomber dans les travers des pratiques politiques que nous dénonçons ? Autrement dit comment donner force de décision à ce pouvoir ? Nous sommes d'accord, le mouvement enclenché lui confère une autorité naturelle qui en dérange plus d'un mais ce mouvement peut-il faire l'économie d'un réflexion globale sur son avenir et le projet de société qui lui est associé ? Quel espace imaginer pour construire ce projet viable et pérenne à l'échelle de l'humanité ?

Tu parlais de préparer les citoyens...et je crois que ce questionnement en terme de gouvernance est essentiel...!

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Je crois qu'il faut y aller doucement sur la gouvernance...

D'abord parce qu'il y a encore une part importante de l'opinion qui est encore très loin de tout cela et qui voit le réseau comme une menace plus que comme un atout.

Quand on se remémore la sortie du Président sur le Net repaire de pillards qui menacent de mort la culture, les peurs réelles ou supposées sur les atteintes à la vie privée (cf Note2be), le débat autour de Wikipédia et ses "erreurs" et "dérives", autour du copier-coller... quand ce n'est pas, en caricaturant un peu, un repaire de pédophiles... on s'aperçoit que pour beaucoup, le Web, comme toute révolution, n'est pas encore perçu positivement et subi lui aussi ses attaques luddistes.

Conjugué au décalage technique d'une partie de la population, la solution du grand bond en arrière est sans doute tentante pour une fraction plus grande qu'on le pense.

A nous de démocratiser le Web participatif, de le légitimer d'abord avant de passer à la suite.

Sinon, quand on pousse trop fort dans un sens, quand ça va trop vite, on a le retour du balancier en sens inverse...

Mais rien n'empêche, bien au contraire, de penser et de préparer le changement....

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