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A lire ce billet de Martin Lessard qui indique que les jeux sérieux pourraient devenir une voie intéressante pour la formation en entreprise car ils captent l'attention des joueurs !

Au delà de ça, "que fait-on de cette attention, comment construire le programme, quelle pédagogie faut-il réellement utiliser? Sérieux. Ce n'est plus un jeu."

Qu'en pensez-vous ?

Repères : jeux, jeux sérieux

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Je ferais même une précision: c'est parce que l'on joue que toute notre attention est captée. Jouer semble encore une activité où il est difficile d'être en "multi-tâche"...

"L'engouement" pour les "jeux sérieux" en entreprise peut ainsi être expliqué, mais il m'apparaît plus plausible que son exploitation s'avère plus fructueux pour la publicité ou les causes sociales (où le ludique reste un vecteur important de transmission de message simple)

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Ne vaudrait-il pas mieux parler de simulation ou de jeux de rôles plutôt que de "jeux sérieux"...il me semble que l'association des deux mots crée un paradoxe qui restreint d'entrée de jeu la crédibilité de la chose, particulièrement dans le secteur entreprise ?

Il me semble qu'il y a une dimension très importante dans ce que tu dis a propos du jeu et de l'attention : c'est la dimension d'immersion...quand on joue on est baigné dans l'environnemnt et c'est à mon avis un des facteurs de concentration : on retrouve ça aussi sur Second Life ! On est peut-être en multi-tâches (communiquer, agir, se dépacer...) mais tout est concentré sur le même objet ???

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Je comprends ton interrogation, Florence. Mais, je ne trouve pas que simulation ou jeu de rôle soient meilleurs...
C'est le côté rôle ou simuler qui ne me convient pas dans ce cas présent. Certes un jeu peut simuler un univers (le Paris du XVIIIe siècle), un certain type de relation (combattre les méchants en étant un mousquetaire)... Quoique l'on peut se demander ce que simule un jeu de carte comme la bataille... Le Monopoly est bon exemple analogue, du temps d'avant les jeu-vidéos.

Mais l'intérêt des Serious Games est d'exploiter la dimension ludique pour — si je puis dire — inoculer un apprentissage technique (linguistique, financier, agricole, médicale, & j'en passe !).

Ce qui est visé est une forme d'apprentissage pénétrant dans un contexte donné. Et sans exercices. Je pense aussi que la dimension immersion est plus prégnante que le dimension simulation. De plus, le jeu permet de faire et refaire. Il n'est pas si grave de perdre la partie dans un jeu. Or, dans un apprentissage sans jeu de ce type, les examens sont disqualifiants et les exercices doivent être visés par un formateur... En somme, avoir un bon jeu sous la main permet un enseignement plus léger, je trouve...

Finalement, ce qui est sérieux est qu'une fois le jeu terminé, il reste quelque chose de plus que le plaisir de jouer. Il y a une dimension supplémentaire. Mais comment pouvons-nous la nommer, cette dimension ?

Que reste-il d'ailleurs ? Peut-on mettre ce profit comme apprentissage dans son portefeuille de compétences ?

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Timuche, à votre dernière question, se peut-il que le "jeu sérieux" soit l'exercice, mais que c'est l'évaluation de l'apprentissage qui soit colligé dans le portefeuille de compétences? Autrement dit, le jeu, ou n'importe quelle activité, permet d'acquérir la dite compétence mais qu'ensuite l'évaluation se fait ailleurs, autrement, et qu'importe comment elle a été acquise, les résultats de "l'examen" viennent valider la compétence.

Ainsi le jeu sérieux ne seraient qu'un tactique. On l'utilise que si elle rempli les besoins stratégiques d'acquisition de connaissance.

De plus je ne crois pas qu'il faille se poser la question de pertinence d'un modèle ou d'un autre (immersion versus jeu de rôle, etc): la question est de savoir si "être concentré sur l'objet avec un maximum d'attention" permet de faire passer des apprentissages.

PS: jeux sérieux _est_ un oxymore. D'autres taxomonies émergent et je crois que "learning games" a l'avantage d'être explicite...

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A Martin : jeux d'apprenance me semble une approche intéressante en effet !

A Timuche : pourrait-on évoquer une forme d'empreinte par imprégnation !

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Je suis tout de suite plus réceptif au terme learning game.
C'est pour cela que je n'ai jamais cherché à traduire l'oxymore serious game, qui m'a toujours semblé exagéré... Cela dit, d'apprentissage est un peu...

Je n'avais jamais pensé à l'imprégnation. Je ne suis toujours pas certain qu'il faille classer l'emploi de jeux à visée didactique dans les apprentissages formels ou informels. Je vois surtout qu'une formation avec un jeu ou sans, laissera une empreinte bien définissable. C'est comme les formations hybrides (présentiel + passage par la Toile) : les apprenants développent des habitudes caractéristiques.

Pour ce qui est de l'évaluation, Martin, j'ai peur de ne pas bien vous suivre. Ou alors, c'est que j'ignore que l'on peut se servir d'un portefeuille dans le cadre d'une hétéro-évaluation. Mais, oui, je pense que l'évaluation peut être sur-ajoutée au simple fait d'achever le jeu. Mais cela n'a d'intérêt que pour l'institution, non ?

Et puis, cela m'apparait seulement maintenant, je suis profondément en désaccord avec cette partie suivante de la citation de Samuelle DUCROQ-HENRY :
« [...] pour en faire un usage non destiné à s'amuser ».

Un jeu à visée didactique qui ne serait plus amusant ou plaisant perdrait son intérêt. Quel enfant, quel apprenant accepterait de s'investir dans un jeu (comprendre les règles, les protagonistes, le scénario, les pré-supposés culturels, &c.) si l'expérience utilisateur n'est pas aussi amusante — et surtout ? Autant, rouvrir un exercisier, non ?

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Timuche,
- hétéro-évaluation: oui j'avais en tête que l'intérêt de l'institution;
- Citation de Samuelle: comme c'est moi qui ai cité Samuelle, il se peut que j'aie mal retranscrit ses mots. Mais le sens que j'en ai gardé, essentiellement, ramène le ludique comme adjuvant à l'apprentissage (donc, laisse sous-entendre à l'inverse que tout jeu est une activité ludique par essence, sans autres buts) où le but premier "n'est pas de s'amuser" mais d'apprendre. Ce qui ne répond pas plus à la question, en effet : si c'est un jeu, il faut bien que quelque part on s'amuse...

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C'est entendu. Merci pour ce complément d'information^^

Ce soir, ma position concernant ces jeux est [apprendre + s'amuser], sinon rien.

D'ailleurs, je vois que Modality arrive sur l'iPhone. Ce n'est pas un jeu. C'est beau et commode partout avec soi.

Macworld : « Modality is a learning application to help medical students learn anatomical information, replacing paper flash cards. Zoom and pan across high-quality pictures, and you can tap on a pin to identify a body part. (Nice laugh at dropping a Google Map-style pin on a coronary artery.) It'll also quiz you on locating anatomical features. Seen the use firsthand: "Dr Williams, I learned five new brain terms this morning while I was waiting in line for my latte." »

De vrais jeux sont prévus aussi.

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