Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Je rebondis sur la discussion passionnante qui s'est ouverte autour de la vidéo proposée par Emilie Ogez et les commentaires d'Olivier Lahaye ici !

Je me dis que nous pourrions réfléchir ensemble à différents projets d'action pour accompagner au mieux les personnes avec qui nous travaillons ?

Je sais que parmi vous certains ont déjà travaillé sur différentes pistes : quels retours d'expérience et idées retenez-vous ?

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Réponses à cette Discussion

Dans mon lycée, j'ai tenté de monter un groupe de pilotage TIC mais on doit lutter contre une lourde inertie de la direction.

Du coup, l'accompagnement se fait au cas par cas pour les enseignants qui nous le demandent car on essaie de faire savoir ce que l'on fait, donc ce qu'ils peuvent faire.

J'ai souvent aidé des collègues à connecter ordinateur et vidéoprojecteur.
Ca a l'air totalement évident mais c'est souvent le 1er point de blocage.
C'est la crainte de la panne qui vous laisse désarmé, seul face aux élèves...

Sinon, j'ai aidé une collègue de langue à se servir d'Audacity pour enregistrer des textes pour ces élèves et à se servir de l'outil réseau IACA pour distribuer des diaporamas ou ramasser des devoirs.

J'ai aussi assisté une collègue qui avait monté une formation photo numérique de base (retoucher la taille, le poids de l'image, monter un panoramique...).

Beaucoup de collègues nous disent, moi aussi j'aimerais bien faire ceci ou cela mais je ne sais pas comment faire, on ne m'a pas formé.
D'où l'intérêt d'avoir un groupe de personnels qualifiés référents (et il y en a dans tous les établissements) capables d'apporter aide et soutien au plus près, sans attendre l'hypothétique grande formation qui viendra un jour... ou de monter des formations simples pour répondre à des besoins qui émergent.

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Formidable initiative qui répond au cas par cas aux besoins terrain ...pas sure qu'un hypothétique grand formation répondrait mieux que cela à ces besoins...Par contre, c'est une évidence ce genre d'initiative a besoin d'être soutenue a tout point de vue !

Ton expérience David est exemplaire !

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Exemplaire, je ne sais pas car cela avance très lentement ce qui est un facteur de découragement pour les collègues demandeurs et même pour moi...

Ce qu'il manque, c'est le soutien clair de la direction pour impulser et cadrer l'ensemble. Car on est vite rattrapé par ses propres obligations (copies à corriger, cours à peaufiner).
Mais bon, on avance, on avance...

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Si ça devient un mouvement, on avancera plus vite et mieux...essayons de travailler dans ce sens ?

D'accord avec toi pour les soutiens !

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Pardon d'être aussi direct, mais n'y voyez aucune volonté de mettre en rivalité une institution contre une autre, ni de jeter de l'huile sur le feu, mais il y a des sujets qui me font bouillir !

Dans l'enseignement agricole français, nous disposons d'un statut (dont je suis...) que l'éducation nationale ignore : les profs TIM.
Pour la petite histoire, on utilise l'acronyme "TIM" parce qu'à l'époque de la création du statut, les profs de socio-cu(lturel) ont revendiqué le C de TIC...
Alors pour ne froissez personne ;-(, les TIM s'occupent officiellement des Technologies Informatique et Multimédia...
Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif de la fonction :
Missions et obligations du Prof TIM.

Chez nous, dans l'enseignement agricole, le Groupe de Pilotage TIC que David appelle de ses voeux, se nomme Commission TIM.

Que constate-t-on ?

L'existence officielle d'un référent "Informatique" permanent nous a permis :
* de peser sur nos hiérarchiques afin de leur faire prendre en compte la nécessité d'intégrer les TIC/TIM dans leur processus de décision ;
* d'être davantage reconnu par nos financeurs, les conseils régionaux, qui apprécient d'avoir un interlocuteur stable, proche du terrain, et garant d'une installation et d'une utilisation pertinente des outils financés : de l'aveu de ma correspondante au conseil régional, il y aurait (je me garde de généraliser...) certains établissements de l'EN qui n'ont même pas déballés les ordinateurs par manque de personnes compétentes ou reconnues comme tel...
* d'obtenir la création d'un corps de technicien (TEPETA IBA), catégorie B pour assumer la maintenance technique des matériels.

Certes, dans ce cadre idyllique, tout ne fonctionne pas parfaitement, cependant, je crois pouvoir affirmer que nous disposons d'outils performants dont le taux d'utilisation est honorable.
Nous avons eu les moyens de créer les conditions nécessaires et suffisantes pour chacun puisse accèder à l'outil informatique chaque fois qu'il en a besoin.

La citation de David : "Beaucoup de collègues nous disent, moi aussi j'aimerais bien faire ceci ou cela mais je ne sais pas comment faire, on ne m'a pas formé" traduit une réalité à laquelle je suis confronté quotidiennement !

Je m'insurge au moins une fois par semaine contre ce discours fataliste !

Comment des professionnels de l'enseignement peuvent-ils oser énoncer une telle obscénité ?
Comment ces profs qui exigent un travail personnel, autonome et éclairé de la part de leurs élèves se permettent-ils d'être aussi passifs quand il s'agit pour eux de mettre en pratique ce qu'ils préconisent ?

Je force le trait, la majorité (en tout cas, j'ose l'espérer..) n'est pas aussi passive que mes propos veulent bien le faire croire, mais je mets au défit quiconque me lit d'affirmer qu'au sein d'une équipe pédagogique il n'y a pas au moins 20% de profs qui se plaignent de ne pas être formés pour...

Certes, il faut un minimum de formation pour amorcer la pompe, je m'y emploie régulièrement, mais après, c'est à chacun de se prendre en main !
Personne ne peut pratiquer pour quelqu'un d'autre...
L'information est disponible sur Internet en temps réel, les tutoriels sont légions, il appartient à chacun d'en tirer partie !

Alors, oui, le prof doit faire fasse à ses obligations (copies à corriger, cours à peaufiner, préparation des sujets d'examen, tutorat, ..., manifestation(s), congés syndicaux, formation continue, ... ), mais au pire, il le fait sur 20 heures de présence, 36 semaines dans l'année, dans le cadre de deux matières souvent complémentaires... alors que nos apprenants ont des emplois du temps de 32 heures hebdomadaires dans le cadre d'une dizaine de matières différentes...

Argh !

Vo

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Le système a "beugué", tronquant la fin de mon billet dont voici la suite :

Voilà, çà fait du bien !

Pardon pour ce discours très emprunt d'une vision très administrative qui ne manquera pas de choquer mes collègues syndiqués, mais tant pis !

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«Comment ces profs qui exigent un travail personnel, autonome et éclairé de la part de leurs élèves se permettent-ils d'être aussi passifs quand il s'agit pour eux de mettre en pratique ce qu'ils préconisent ?»

J'adhère à ce discours, car c'est la meilleure raison de ne rien faire que d'évoquer ce manque de formation... Forme-toi toi même, pourrait-on dire en paraphrasant un tantinet ;-)

En même temps, devant la lourdeur qui s'accroît sans cesse dans la tâche enseignante (au secondaire au Québec, du moins), cette autoformation devient tout un défi. Mais je me dis que tant que l'enseignant se place dans un état que je qualifierais de "mouvance", il est déjà sur une bonne voie.

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Prof à part entière, mais dont les activités d'enseignement sont limitées à 12 heures de face à face.

Le solde, soit 12 heures (36-24), est dévolu à toutes les activités qui visent à une meilleure intégration des TIC au sein des établissements et des activités pédagogiques.

Quand à la rédaction de la note, elle est dans la plus pure tradition administrative...

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L'administration est vraiment formidable !

La main droite (E.N.) ignore ce que fait la main gauche (Enseignement agricole).

Et on préfère convoquer une énième commission pour réinventer des solutions, repartir à chaque fois de zéro, plutôt que de partir de l'existant et d'en faire le bilan.

Ce mode de gestion et de développement des TIC-M, s'il n'est pas idéal comme Gaël le dit, nous semble pour autant une évidence à laquelle on est spontanément arrivé. Pour autant, certainement pour des raisons budgétaires, il n'est pas question manifestement d'y arriver pour l'E.N. et on va continuer à bricoler et à prendre du retard.

J'en suis même arrivé à me demander si ce n'est pas l'objectif...

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La résistance des enseignants à l'introduction des nouvelles technologies me semble reposer sur des motifs profonds, qui concernent le rapport au savoir - à l'ordre même du savoir. François Guité me semble toucher au coeur du problème dans ce billet.

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Christian et François ont raison de pointer du doigt les paradigmes profondément ancrés et entretenus dans lesquels évoluent les enseignants... Un changement de cette nature n'est pas une mince affaire pour chacun...c'est un processus long et complexe qui nécessite d'abandonner certains repères et d'en construire d'autres !

Je suis assez d'accord avec Gael quand il fait remarquer que l'auto-formation dans le domaine des TIC relève de notre responsabilité individuelle...c'est trop facile de s'en remettre toujours aux institutions pour avancer mais je comprends aussi que pour certains le pas à franchir paraisse difficile...c'est un nouveau repère qu'il va falloir se construire ! L'accompagnement de personnes en qui l'on a confiance me semble être une voie pour avancer au long cours : l'initiative de David et les co-constructions au sein du Apprendre 2.0 relèvent de cette approche et elle sont importantes et complémentaires !

Le système décrit Gael semble être efficace et semble avoir fait ses preuves...je ne crois pas que l'éventualité de le reproduire bloque pour des questions financières : derrière le projet e-duc, il y a des financements et comme le fait remarquer David, les choix des partenaires laisse à penser que les solutions qui seront privilégiées couteront (logiques propriétaires, prestataires...) Pour moi, cela relève d'orientations politiques qui visent avant tout le développement de marchés et d'activités économiques autour des TIC à l'école !
Si ma vision du système est parfois pessimiste, comment qualifier celle présentée dans ce billet ?

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