Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Je reproduis ici le billet publié aujourd'hui sur mon blog, question de susciter la discussion autour de l'utilisation des mondes virtuels comme outils d'apprentissage.

Alors qu'il y a quelques mois à peine, plusieurs observateurs voyaient dans les mondes virtuels, tels Second Life, une nouvelle révolution pour la formation en ligne, il est surprenant de voir le silence qui règne actuellement sur le sujet.

En effet, à la fin de 2007, plusieurs "spécialistes" du elearning se sont lancés sur Second Life et autres mondes virtuels alors qu'ils y voyaient la création de centres de formation virtuels pour les entreprises où les employées pourraient aller, avec leur avatar, recevoir une formation. Un certain nombres de projets pilotes avaient d'ailleurs vu le jour.

Mais qu'est-il advenu de ces expérimentations? Sont-elles toujours en cours? Ont-elles été concluantes? Pourquoi n'en entend-t-on plus parler?

Ayant, par le passé, soulevé des réticences quant à l'utilisation des mondes virtuels pour la formation, je ne suis pas étonné de constater ce mutisme. Maintenant que l'effet de nouveauté est passé, je crois que plusieurs se sont rendus compte que les mondes virtuels n'offraient pas sinon très peu de valeur ajoutée aux programmes de formation. À quoi bon utiliser un avatar dans une classe virtuelle pour assister à une conférence virtuelle donnée par un personnage virtuel quand on peut faire la même chose dans le vrai monde par webconférence avec de vrai personnes et surtout de façon beaucoup plus simple.

Quoi qu'il en soit, j'attends toujours les résultats des expérimentations sur la formation dans les mondes virtuels. Pour le moment, le silence des "experts" semble tout dire...

Partager

Répondre à cela

Réponses à cette Discussion

Howard devrait intervenir sur le sujet très prochainement !

Répondre à cela

Le seul avantage qui j'y vois, est séduire les aficionados des jeux massivement multijoureurs...

Répondre à cela

Je n'ai pas la prétention d'être un expert de l'éducation dans les mondes virtuels, mais j'ai de l'expérience avec Second Life pour l'enseignement des langues.

Vous avez raison, la scène est plus calme qu'avant, mais il n'est pas silencieux. La conférence virtuelle SLanguages 2008 (www.slanguages.net) c’est un exemple de ces conversations.

Il est plus calme car l'euphorie est terminée. C'est une bonne chose. maintenant nous avons besoin de temps pour développer de nouvelles méthodologies pour les mondes virtuels. Les mondes virtuels comme Second Life nous donnent nouvelles possibilités dans l'enseignement des langues, mais ils fournissent aussi des nouveaux défis. Je donne quelques exemples des avantages / défis (dans le domaine de l'enseignement des langues étrangères)…

Avantages
• Accès à les locuteurs natifs. Les mondes virtuels offrent un meilleur accès à les locuteurs natifs et d'autres apprenants de langues. Les étudiants des langues peuvent trouver des personnes pour la pratique à tout moment de la journée, partout dans le monde.
• Sans Embarrass. Nous pouvons faire des erreurs (linguistiques) sur Second Life sans se sentir embarrassé.
• Contexte. Les mondes virtuels nous permettent d'apprendre dans un environnement différent. Je pense que c'est l'un des aspects les plus difficiles à utiliser. Toutefois, je pense qu'il se révélera être la deuxième plus radicale aspect que les mondes virtuels offrent.
• Jeux. Second Life n'est pas un jeu, mais on peut utiliser Second Life pour créer des jeux et des jeux éducatifs. Cependant, ce n'est pas facile.
• Motivation. Les avantages ci-dessus semblent motiver les élèves de langue. Peut-être parce qu'il est nouveau. Le temps nous le dira.

Défis
• Texte. On ne peut pas ignorer le rôle de texte dans l'apprentissage des langues. Mais, les mondes virtuels ont des capacités limitées. La meilleure façon de démontrer est de comparer les mondes virtuels avec Google Docs ou avec des tableaux blancs. Ces outils permettent aux étudiants et aux enseignants de modifier texte et images simultanément très facilement.
• Flexibilité. On doit importer tout le matériel dans un monde virtuel. C’est restrictif. Il y a des outils 2D (blogs, wikis, Google docs, tableaux blancs) qui sont plus souples.
• Courbe d'apprentissage. Tous nos étudiants savent immédiatement comment utiliser Google Docs. Les mondes virtuels offrent une expérience très différente et il faut apprendre à marcher et parler dans un monde virtuel.
• Technologie. Il y a besoin d'ordinateurs puissants. Mais, ce problème va s'améliorer avec le temps.

Il n'est pas facile de développer des méthodes nouveaux pour les mondes virtuels. Les premières tentatives simplement traduit des méthodes des environnements 2D, qui n'a pas eu beaucoup de succès. À Avatar langues, nous avons choisi d'enseigner des classes surtout avec Google, Skype et un table blanc. Nous employons les mondes virtuels pour encourager les étudiants à utiliser la langue étrangère dans des situations réelles avec des personnes réelles. Nous intégrons ces expériences dans les leçons. Cet article (en anglais ou espagnol ) explique comment ca marche.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la façon dont nous utilisons les mondes virtuels et autres outils en ligne pour l'enseignement des langues, je peux vous suggérer les pages qui suivent…
http://www.avatarlanguages.com/fr/pedagogy.php (anglais)
http://www.avatarlanguages.com/fr/freepractice.php (français)
http://www.avatarlanguages.com/articles/surrealquests1_en.php (anglais)
http://www.avatarlanguages.com/articles/surrealquests1_es.php (espagnol)

En bref, je ne pense pas qu'il est plus calme parce que les mondes virtuels ne peuvent pas être utilisés pour l'éducation en ligne, mais parce que nous ne pouvons pas utiliser de la même façon et nous avons besoin de temps pour développer les nouvelles méthodes. Vous verrez plus de nouvelles méthodes á la conférence de SLanguages 2008.

Répondre à cela

Merci Howard pour cette approche claire et nuancée basée sur ton expérience "terrain" ! :-)

Je crois que l'apprentissage des langues sur SL a besoin d'être combiné avec d'autres approches pour être vraiment pertinent : tu l'expliques très bien dans ce commentaire !
Une approche hybride Réelle/Virtuelle me semble vraiment être une voie prometteuse...cela rejoint la vision de chuck Hamilton qui voit l'avenir de Second Life dans son hybridation avec le réel !

Howard, je t'invite à annoncer la conférence que tu mentionnes dans ton post dans le groupe annonce !

Répondre à cela

Discussion très intéressante et qui me conforte dans ma vision de l'utilisation de SL dans un dispositif de formation ;)

Ne nous limitons pas à la formation en langue... même si c'est certainement la plus simple à envisager ! Le terrain me semble en effet propice aux formations sur le développement personnel et plus largement à toutes formations liées à un échange entre individus ... et nombreux sont aujourd'hui les métiers basés sur le relationnel.


Timuche, plus que convertir les addicts des jeux en réseau, SL offre un univers de simulation permettant de faciliter l'apprentissage de certaines choses ... il est donc génial pour la partie "pratique" d'une formation. Concernant la théorie, cet univers ne me semble pas plus avantageux que d'autres dispositifs.

Enfin, si le coté "buzz du moment" peut paraitre intéressant, Howard nous précise "Il est plus calme car l'euphorie est terminée. C'est une bonne chose". C'est en effet une bonne chose, le coté "buzz du moment" engendre des propositions amenées par des non-professionnel et ces propositions (souvent de mauvaise qualité) peuvent nuire à l'image que le public ce fait du dispositif. Le elearning a déjà suffisamment souffert de cela.

Répondre à cela

Effectivement, je n'avais pas en tête toutes ces possibilités. C'est un sujet très riche^^

Pour être franc, j'étais rebuté par l'idée de faire classe dans un métavers.

Je commence à voir en quoi ce peut être un terrain de mise en pratique.

Bien sur, sans oublier le fait qu'un métavers réunit des personnes des quatre coins du globe, avec lesquelles un apprenant peut échanger. Il transcende les limites habituelles en temps et espace d'une classe.

En revanche, l'aspect simulation demeure encore assez floue pour moi...
Un avatar est un simulacre de personne, si je puis dire. Mais je ne vois pas bien ce qui peut être simuler en termes d'objets d'apprentissage.

Répondre à cela

Simulation ... et bien imaginons ....

Je viens d'apprendre à parler russe et je cherche des personnes avec qui parler pour m'entrainer ... SL est un lieu qui me permet de simuler des rencontres internationales avec d'autres utilisateurs. Je peux aussi prendre contact avec les entreprises russes installées dans Second Life voir les administrations, les bibliothèques et mêmes les structures associatives.

Je viens de me former au métier de commercial et je cherche à mettre en pratique mes acquis. Je vais essayer de convaincre quelques utilisateurs de SL à visiter un site web, à lire un livre, à commander un produit ... Mieux qu'un jeu, c'est vraiment réel !

Je viens de bénéficier d'une formation me permettant d'améliorer mon aisance relationnelle. Je vais faire un tour dans SL (lors d'un concert ou d'un salon virtuel) et nouer de nouveaux contacts pour mettre à l'épreuve mes nouveaux acquis.

Je cherche à devenir plus convainquant lors de mes entretiens d'embauche. Je vais profiter des entreprises qui recrutent sur SL pour avoir des rdv et "jouer" quelques entretiens.

Vois-tu mieux ce que j'entends par simulations ?

Répondre à cela

Merci Olivier pour ces exemples *^_^*
C'est un peu plus concret dans mon esprit à présent.

Répondre à cela

Merci Howard de partager cette expérience. Je peux concevoir, en effet, une certaine application pédagogique dans le cas que tu nous illustre.

Mais le monde virtuel n'est-il pas ici un artifice qui n'ajoute pas vraiment de valeur pédagogique à l'action? Je m'explique: je pourrais tout aussi bien faire l'apprentissage d'une autre langue à partir d'un simple site Web offrant des salles de discussion à l'aide d'application d'audio ou de vidéo conférence. L'interaction serait la même, sans les artifices du monde virtuel.

C'est un peu comme demander aux gens de se déguiser pour assister à un cours en face-à-face. Ça ne change pas la méthode d'instruction du formateur, mais ça peut être distrayant et , jusqu'a`un certain point, nuire à l'apprentissage.

J'en parle d'ailleurs aujourd'hui sur mon blog: www.guyboulet.net.

Répondre à cela

"L'interaction serait la même, sans les artifices du monde virtuel". C'est vrai, mais dans SL l'intérêt et de rencontrer un public très varié et vivant réellement chaque instant, nous sommes dans un contexte d'apprentissage mais nous sommes quasiment dans un contexte réel. La différence avec une vidéo conférence classique et que tous les interlocuteurs sont là pour apprendre et cela peut aussi biaisé la donne ;)

"nuire à l'apprentissage" ... et pourquoi pas, après tout ? On notera donc encore une fois l'intérêt d'être accompagné dans sa démarche d'apprentissage ! Au formateur (coach ou consultant, peut importe la désignation) de veiller à l'efficacité du dispositif pédagogique.

Répondre à cela

Je rajouterais à ton propos Olivier une dimension éthique fondamentale : quand on interagis avec un avatar il faut bien avoir en tête que derrière lui, il y a un être HUMAIN...cela suppose toute note attention et notre vigilance quand à notre comportement...la simulation et le masque sont parfois utilisés par certains pour se permettre des attitudes déplacées et blessantes...Attention donc, comme tu le dis Olivier, SL c'est comme dans la vie réelle mais ce n'est pas la vie réelle !

Répondre à cela

Exact. Il s'agit encore d'éducation !!

Pourquoi se permettrai-t-on des écarts de conduite sous prétexte que c'est virtuel ? Il s'agit certainement de la toute première chose à intégrer quand on se dirige vers ce type de dispositif. Ce n'est pas parce que l'on est un avatar, sur le web ou tout simplement anonyme que l'on doit se permettre de ne plus être correct. L'anonymat est pratique pour casser certaines barrières, se sentir plus à l'aise pour ce qui ont peur de l'échec public, mais il doit s'accompagner d'un comportement responsable.

La encore, on peut reboucler sur un discours récurrent : il ne s'agit que d'outils ! Ces outils sont capables du meilleurs comme du pire, tout dépend de celui qui les utilisera. D'où l'importance d'être coaché, notamment avec un public jeune ... s'ensuit une remarque tout aussi récurrente : jeune dans sa découverte des mondes virtuels, et non jeune uniquement par l'age ;)

Répondre à cela

RSS

Licence Creative Commons

Creative Commons License

Les textes publiés sur ce réseau sont mis à disposition sous un contrat Creative Commons. Vous pouvez donc les diffuser, les intégrer dans vos contenus et même les modifier ... mais n'oubliez pas de citer : source : apprendre2point0.ning.com


Votre avis nous intéresse ! Exprimez votre avis et faites progresser le réseau Apprendre2.0 !

Ce réseau est co-administré par :
- Florence Meichel
- Olivier Carbone
- Sylvain Bérubé
Notre conseiller scientifique :
- Olivier Auber

D'où venez vous ?!



Locations of visitors to this page

© 2009   Créé par florence meichel

Insignes  |  Signaler un problème  |  Confidentialité  |  Conditions d'utilisation

Ouvrir une session pour clavarder