Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

Je pense que l'éducation demeure l'éducation et que lui adjoindre le 2.0 tend à la fragiliser en faisant rentrer l'éducation dans un système de changement permanent et surtout en y mêlant les avantages mais aussi les inconvénients du web 2.0.
L'éducation est avant tout un espace de transmission de savoirs au sens large, un mileu de néguentropie.
Par conséquent il peut y avoir des méthodes d'apprentissage voire des profs 2.0 mais il ne saurait y avoir d'éducation 2.0!

Repères : education 2.0

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Réponses à cette Discussion

Bonjour Olivier !!

Nous utilisons tous un vocabulaire différent, nous avons chacun une pensée propre lorsque nous lisons ou écrivons "éducation 2.0". Aussi, je suis curieux d'en savoir plus sur ta vision de ce terme, pourquoi acceptes-tu l'idée de méthodes d'apprentissage 2.0 voire de profs 2.0 mais pas d'éducation 2.0 ?

D'autres part, j'entend souvent parler couramment du concept 2.0 ... tu parles de ces avantages et de ces inconvénients ... la aussi je serai avide d'en savoir plus, particulierement lorsqu'il est appliqué au domaine de l'éducation.

Ta vision sur ce terme et peut-être même sur le concept semble bien différente de celle deja exprimée par d'autres sur ce réseau, et comme la différence est une trés grande richesse, je te remercie par avance du temps que tu pourras consacrer ici a ettayer tes propos !

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Je joints la copie du message que j'ai écrit sur mon blog :
J’ai récemment utilisé le concept de culture de l’information 2.0 dans une conférence à la fois en clin d’oeil ironique à la volonté de mettre du 2.0 partout mais également parce que dans mon esprit cela correspondait à une nouvelle étape après la thèse de Brigitte Juanals.

J’ai moi-même appliqué le 2.0 à celui de bibliothécaire. Je développe donc ici mon argumentation suite au message que j’ai posté sur le réseau apprendre 2.0 créé par Florence Meichel sur ning et sur lequel il m’a été demandé de m’expliquer par Olivier d’Ocarbone.

Je considère que l’éducation doit demeure tel comme concept et qu’il ne s’agit pas de lui adjoindre du 2.0 puisque cela reviendrait à affaiblir un concept qui est déjà en difficulté en la faisant rentrer dans une phase d’instabilité permanente. Je considère donc que l’éducation doit donc au contraire se démarquer et s’inscrire dans la pérennité de part ses objectifs généraux qui au final ne varient pas nécessairement dans le temps.

Dès lors, je m’inscris contre ce concept d’éducation 2.0. Je ne pense pas être le seul, Eric Delcroix avait perçu le caractère vain de l’initiative notamment parce qu’elle s’inscrit dans le temps et qu’elle est vouée d’emblée à être dépassée au risque de n’être jamais mis en place :

L’éducation 2.0 existe t-elle ? Malheureusement, je ne pense pas. Je ne crois pas qu’elle aura d’ailleurs le temps de se mettre en place balayée qu’elle sera par les autres “révolutions” dans notre environnement multimédia. Elle restera à l’état d’embryon, marquant juste un passage vers d’autres formes d’éducation !

De plus, le terme d’éducation 2.0 est surtout à mon avis un concept porteur véhiculé par des consultants. Or leurs objectifs diffèrent grandement de ceux du système éducatif. Personnellement j’ai beaucoup de mal avec les consultants en éducation qui n’ont jamais été profs et je pense que c’est un sentiment partagé par de nombreux collègues. Il y a également une confusion entre l’adjonction de nouvelles technologies et les nouveautés pédagogiques qui pourraient en résulter. En ce sens, l’éducation 2.0 reproduit l’erreur de mettre en avant toujours les technologies et c’est un risque que je mesure moi-même en étant trop souvent assimilé au web 2.0 plutôt qu’à mes autres centres d’intérêts et de recherches.

Malgré tout cela ne signifie pas qu’il ne puisse pas y avoir des profs 2.0 dans le sens où ils établissent des séquences pédagogiques usant des nouvelles technologies : blogs, wikis mais aussi en prenant en compte l’aspect social de ces outils et en étant conscient des changements de paradigmes occasionnés. Car le web 2.0 n’est pas neutre et il faut être également conscient de ce qu’il implique. Le terme de web 2.0 est au départ une stratégie marketing et il me parait important que l’éducation s’en distingue philosophiquement. Stiegler dirait sans doute qu’il faut constituer des milieux associés éducatifs. En clair, l’éducation doit demeurer, mais ce sont les profs et les méthodes ainsi que les systèmes éducatifs qui doivent changer et évoluer. Et parler d’éducation 2.0 n’a rien d’exceptionnel, ce n’est qu’une réaction à l’évolution du web 2.0, il n’y a donc rien d’innovant, c ‘est simplement une stratégie réactive d’adaptation : c’est insuffisant. Si on désire être à la pointe, je rejoints Teemu Arina en étant surtout proactif plutôt que réactif.

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Merci pour cette prise de position claire !

Certains propos de ton commentaire m’interpellent :

- tu évoques la fragilisation du système au travers du changement permanent et parallèlement tu regrettes l’absence de pro-activité du système …les propos semblent assez paradoxaux… pour ma part, je considère que les processus d’auto-organisation renforcent et équilibrent les systèmes et les amènent justement à s'inscrire dans des approches immanentes, ce qui est une forme de pro-activité…c’est en tout cas le sens de mes expériences !

- Tu dis que les technologies ne sont pas l’essentiel de la problématique..; c’est je crois ce qui a été énoncé et développé dans ce réseau à de nombreuses reprises…le symbole 2.0 est fondamentalement celui d’un changement culturel majeur !

- C’est d’ailleurs là que les compétences des consultants prennent tout leur sens pertinence : dans l’accompagnement des processus de changement : c’est en tout cas là ou je me situe...et mes différentes expériences autour de projets à visée formative confirment la complémentarité des approches et leur efficience !

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Il n'y a pas de paradoxe, il s'agit de maintenir ce qui ne fait pas débat : l'éducation s'inscrit dans la durée et n'est pas nouvelle. Le concept doit donc demeurer, il n'est donc pas la peine de lui adjoindre du 2.0.
A mon sens, la proactivité signifie prendre de l'avance en ayant des visions à long terme, or le 2.0 ne s'inscrit pas en tant que terme dans le long terme c'est évident.
Après la querelle, il est vrai est plus de l'ordre du concept et de la vision scientifique.

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C'est intéressant ce que tu viens de dire Olivier :
"Après la querelle, il est vrai est plus de l'ordre du concept et de la vision scientifique."
Il me semble justement que l'éducation 2.0 s'inscrit dans un processus et du vécu plus que dans une approche scientifique (sans toutefois l'exclure) et c'est ce qui me semble fondamentale...
Pour ce qui est du long terme, j'ai a plusieurs reprises évoqué l'idée d'éducation durable pour justement ancrer le processus dans une visée de développement durable à la fois sur le plan individuel et collectif...il y a je crois beaucoup à travailler dans cette direction ? surtout si on met de côté la dimension marketing attachée au développement durable (suis comme toi, cette dimension m'agace ! )
Qu'en penses-tu ?

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Je pense que nos visions ne sont sans doute pas opposée tout au moins dans l'action.
Mais c'est mon côté doctorant qui me fait prendre des précautions avec les termes.
Quant à l'éducation durable, elle rejoint le concept de life long learning.

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Peux-tu nous en dire plus sur cette dimension ?

En as-tu une expérience pratique à partager ?

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En ce qui concerne les actions, j'utilise fréquemment les nouveaux outils.
J'ai d'ailleurs mis en place il y a peu le projet historiae avec des élèves de troisième:
http://megatopie.info/historiae

Pour l'éducation tout au long de la vie, je pense que nous constatons de plus en plus sa nécessité chaque jour dans nos diverses activités.

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Le web 2.0, ainsi que ses dérivés (éducation 2.0, apprentissage 2.0, entreprise 2.0, etc.), font référence à la notion de "socialisation" des outils de communication. Ainsi, on peut maintenant développer des contenus de façon collaborative avec des wiki, publier ses textes sur un blog ou rester en contact avec les applications de réseau sociaux.

Mais où est la nouveauté quand on sait que dans le domaine de l'enseignement les travaux d'équipe existent depuis belle lurette, que plusieurs méthodes permettent aux étudiants d'échanger leur point de vue, que la salle de classe et, dans un sens plus large, l'école sont des réseaux sociaux?

Mis à part la technologie utilisée et le fait qu'elle élargisse le bassin de personnes pouvant être reliées, les technologie du web 2.0 ne créent rien de nouveau. Tout au plus, elles modernisent des concepts qui existent depuis longtemps.

Pour moi, le web 2.O n'est qu'un outil de plus, un peu comme l'a été l'avénement de l'audio-visuel dans la salle de classe. Il n'a pas remplacé l'enseignement magistral, il l'a simplement transformé. De la même façon, les outils 2.0 ne font qu'ajouter des outils pour soutenir les pratiques existantes tout en favorisant l'apprentissage informel de type "pull" plutôt que la formation traditionnelle de type "push".

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Tu as raison de le souligner, les outils web 2.0 ne sont pas révolutionnaires…les acteurs concernés le répètent d’ailleurs depuis le début…ce qui change c’est le couplage Message/Support et l’ampleur de son impact culturel à tous les niveaux
voir conférence de Michel Serres
http://interstices.info/display.jsp?id=c_33030
Et plus que jamais ce changement culturel concerne l'éducation !

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Le concept d'éducation Web 2.0 me semble porteur d'un besoin et d'un espoir. Si les systèmes d'éducation traditionnels, centralisés et hiérarchisés que nous connaissons fonctionnaient bien, cela se saurait, mais ce n'est pas le cas. Ce qui me frappe c'est bien que, sur le fond, le système éducatif, en France en particulier, soit si parfaitement incapable d'évoluer. Sans doute, Olivier, parle-t-on beaucoup de 'révolutions' et de 'réformes'... au point même, je suis d'accord avec toi, que cela puisse nous déstabiliser... Mais dans la réalité, quelle évolution voyons-nous depuis le grand élan de 68 et depuis même Célestin Freinet... Et c'est à partir de cela que je comprends (aussi) le concept d'éducation Web 2.0... On attend, on espère qu'un apport technologique imposera une évolution des pratiques et des formes institutionnelles que les hommes n'ont pas été capables de faire advenir... En 2007, il existe toujours un examen qui s'appelle le baccalauréat, il existe toujours un concours qui s'appelle l'agrégation, les cartables de nos collégiens sont toujours aussi lourds, le découpage disciplinaire n'a aucun sens, les cours dans les collèges commencent à 8 heures... Sans doute est-il naïf de croire que la technologie va bousculer tout cela, et sans doute n'est-ce pas le fond du problème... Mais qui osera dire que le fond du problème réside dans le fait que la profession résiste au changement, à l'évolution, à la réforme, aux exigences de démocratie (où en sont les conseils d'établissements et leur pouvoir voulus par Jospin dans les années 80?) et de modernité...?

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Merci Christian pour cette prise de position !

Je viens aussi de répondre à Mario Asselin sur son blog dans ce sens !

Voici ma réponse :

"Bonjour Mario

Merci de t’appuyer sur une des nombreuses discussions du forum Apprendre 2.0 : elles y sont effectivement variées et pertinentes par rapport aux problématiques qui nous préoccupent !

En ce qui me concerne, l’éducation 2.0 n’est pas un buzzword mais le symbole d’un changement de culture d’un niveau meta (niveau 2 selon la classification établie par Watzlawick et reprise par d’autres auteurs et notamment Peter Senge au niveau des organisations ) dans le monde de l’éducation !

C’est ce qui a été évoqué à plusieurs reprises dans le forum du réseau Apprendre 2.0 et c’est une dimension fondamentale dans nos échanges…et les technologies viennent naturellement s’inscrire dans ce tissus de changement global !

Je me souviens d’ailleurs avoir beaucoup insisté sur ce point dans ma critique positive liée à la non-conférence « vers l’éducation 2.0 »
http://florencemeichel.blogspot.com/2007/09/vers-leducation-20-je-s...

Comme le souligne Michel Serres dans sa récente conférence :
http://florencemeichel.blogspot.com/2007/12/michel-serres-si-lordin...
les modifications du couplage message-support modifient radicalement et globalement notre rapport au monde…il y a eu l’étape de l’oralité, celle de l’écriture puis celle de l’imprimerie…aujourd’hui le bouleversement qu’introduit le développement des TIC nous projette dans une nouvelle perturbation de nature entropique !
http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9guentropie
Les changements qui en découlent sur le plan politique, économique, culturel…etc… et bien entendu éducatif réclament de la part des systèmes concernés des capacités d’adaptation…c’est à dire la mise en œuvre de processus neguentropiques dits processus d’auto-régulation : en cela, ils sollicitent de nouvelles dimensions qui configurent un changement de paradigme éducatif :

- meta-élève qui doit être capable d’agir sa vie de façon pertinente dans un monde qui change en permanence et très vite (élève 2.0)

- meta-apprentissages qui doivent permettre à l’élève d’apprendre à apprendre de façon continue et pertinente dans différents contextes (éducation 2.0)

- meta-projets qui doivent permettre à l'élève d'apprendre à agir de façon pertinente dans son environnement (projets 2.0)

- meta-outils qui placent les apprenants en situation d’autonomie (web 2.0)

- meta-profs qui doivent évoluer vers des missions d’accompagnement pour faciliter le meta-apprentissage (enseignant 2.0)

C’est de ces couplages permanents au monde qu’émergent la cohérence et la pertinence du système dans son contexte et lui assurent d’une certaine manière une forme de stabilité !
J’avais développé ce point de vue dans le cadre du blog consacré aux réseaux apprenants
http://flmeichel.podemus.com/

A suivre dans le commentaire suivant !

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