Apprendre 2.0

Co-apprendre à apprendre durablement !

florence meichel

Technologies et apprentissages : ou se situer en tant qu'enseignant et formateur ?

Je rebondis sur la vidéo postée ce matin par Emilie :



Au delà du résumé qu'elle en fait :

" Largement inspiré de plusieurs autres vidéos du genre, ce montage vise à susciter la réflexion sur les pratiques pédagogiques, sur l'impact que les technologies ont dans la salle de classe et sur l'évolution du rôle des apprenants et des enseignants "

, il y a une autre point qui ressort : l'iphone par exemple y est présenté comme un outil courant d'apprentissage...nous savons bien qu'il n'en est rien ! Plus qu'une vidéo sensée révéler une situation, c'est surtout une façon de promouvoir un outil en le faisant passer pour incontournable...voir indispensable...bref on passe d'une logique d'apprentissage à une logique de consommation (vu le prix, ce n'est pas une question anodine) : je crois qu'il faut garder un esprit critique par rapport à ce genre de message culpabilisant...ça ressemble fort à une recette marketing et ça passe assez inaperçu dans un contexte youtube !

Je préfère de loin l'approche de Goeorges siemens qui intègre les outils dans une démarche pédagogique qui prend sens autour de la notion d'apprendre à apprendre...
Il me semble que nous devons accompagner les enfants à porter un regard critique sur ce qu'ils vivent en permanence avec les technologies, quelle qu'elles soient…c’est vrai qu’elles permettent d’apprendre des quantités de choses incroyables…le meilleur comme le pire…Et les questions qui se posent à chacun sont : comment faire le tri…Comment identifier quels sont mes besoins…Qu’est-ce qui est pertinent pour moi et pour NOUS...ça : la vidéo n’en parle pas !…on peut même dire qu’elle fait une jolie impasse sur le sujet…c’est pourtant un point qui me semble fondamental et qui évite de situer les apprentissages dans une logique de consommation pure !

Mais pour moi, cette vidéo est finalement très révélatrice de certains discours et certaines approches qui relèvent d’un nouveau formatage sous couvert de pédagogie !

Je suis convaincue du potentiel des technologies dans le domaine de l’éducation, mais plus j’avance et plus je me rends compte que l’éducation autour de ces technologies devient un necessité impérieuse…Il ne s’agit même plus seulement pour l’école d’intégrer les technologies mais d’accompagner les enfants à un meta-niveau…de les amener à réfléchir autour , à l’extérieur et pas uniquement dedans !

Et d'ailleurs ça ne concerne pas uniquement les enfants et les enseignants...les adultes et les formateurs sont aussi très concernés par cette dimension !

Si le réseau Apprendre 2.0 peut amener cette prise de conscience auprès des acteurs alors nous aurons fait un immense pas en avant !

Quel est votre avis sur ce sujet ?

Merci Emilie d'avoir fait émerger cette réflexion qui vient résonner avec plusieurs réflexions menées en parallèle ! :-)

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Réponses à cette Discussion

Je ne pouvais ne pas réagir à cette attaque portée contre l'iPhone =^.^=
C'est une chose que cette machine de par son prix soit mal adaptée au marché de l'éducation...
Mais l'écarter d'un revers de main des terminaux pourvoyant une solution technique à un apprentissage est sans fondement.

Il se trouve qu'au sein de l'écosytème des machines Apple, l'iPhone est ce qui se présente au plus près de ce que doit être un petit terminal mobile intelligent. Il est bien plus fonctionnel qu'un palm. Consulter une page internet est un vrai rêve ! Gérer des photos, des vidéos et des fichiers audio est aussi bien plus aisé. Et en termes de petit ordinateur, type eeePC, toujours parmi cet écosystème, ce n'est pas le MacBook Air qui soutient la comparaison – étant bien mieux équipé mais est autrement plus cher par conséquent — mais bien iPhone...

Après, il faut savoir ce que l'on veut. Est-ce qu'en classe, il est sensé de rester assis devant son bureau avec une machine faite pour tenir dans une poche pour être emmener dehors ?

Il me semble que pendant des décennies les dos malheureux des élèves ont ployé — et ploient encore — sous le poids de manuels. Et un MacBook — et maintenant, mieux un MacBook Air — remplace avantageusement une poignée de manuels, aussi bien en terme de contenus qu'en termes de dimensions et poids.

Et avouez que vous rêver secrètement de posséder une Classe Mobile, hein ^_~

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Bonne question Timuche :

Qu'est-ce qui me fait rêver ?

J'ai envie de répondre : trouver des méthodes pertinentes adaptées aux contextes qui sont ceux de chacun pour accompagner les apprenants à apprendre à se construire de façon continue des vies pertinentes en fonction de leurs propres contextes...

Sur différents plans, l'iphone apporte concrétement des réponses : ton commentaire le souligne avec intelligence...mais ce qui me gène c'est qu'on en fasse presque une réponse universelle...pas sûre que la classe mobile soit une réponse pertinente pour tout le monde et tout le temps !... ne soyons pas naifs, cela s'inscrit dans le developpement des micro-formats et du web-sémantique : nous préparons les gens à de nouveaux modes de consommation au travers de leurs modes d'apprentissage...c'est un apprentissage comme un autre...encore faut-il être conscient de ce qu'il implique et dans quelles logiques il s'inscrit...sauf à vouloir continuer à inscrire les apprentissages dans des cycles de dépendance consumèriste ! Et nous sommes en train d'épuiser notre monde de cela !

Encore une fois, je n'ai rien contre l'iphone : c'est ce qu'on en fait et ce qu'il sous-tend qui pose question ?

Mais je crois qu'au travers de cette discussion on touche à une un point fondamental de l'"apprendre 2.0" : il ne s'agit plus seulement d'apprendre quelque chose avec des outils mais d'apprendre à apprendre et de savoir porter un regard critique sur les moyens que nous utilisons pour apprendre..quel défi pour les apprenants, les éducateurs et les formateurs !...quel défi pour l'humanité ! Voilà de quoi je rêve ! ça donne le vertige !

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___"[...] mais ce qui me gène c'est qu'on en fasse presque une réponse universelle [...]".

Cette remarque pertinente peut s'appliquer à tout outil, quel qu'il soit, pas seulement l'iPhone.
Et je reconnais volontiers que la dimension technique empiète un peu trop régulièrement sur les objectifs d'apprentissage.


___"[...] cela s'inscrit dans le developpement des micro-formats et du web-sémantique : nous préparons les gens à de nouveaux modes de consommation au travers de leurs modes d'apprentissage [...]"

Vu comme cela, je me rend bien compte que l'enthousiasme envers les TICE ou tout nouveau gadget électronique peut prêter à manipulation non sans arrière-pensée... Et je comprends la mise en garde.

Cela dit, je pense que l'école — et à fortiori l'université — devrait se situer en tête de peloton concernant l'utilisation des moyens techniques que la vie moderne nous offre. Il n'est plus supportable que l'enseignement soit resté bloqué sur le cours magistral et le formatage propret si cher à la Sorbonne.

Ensuite, que l'Éducation fasse des choix vers des solutions et des entreprises respectant certains standards, une certaine *Patance* ? *Ouvertance* ? ^ o^ (Open Source), un certain rapport qualité-prix... tout cela est opportun mais c'est autre chose. Cela relève à mon avis des politiques éducatives, de la (micro ? macro ?)-économie de l'éducation.

Sur un plan pratique, tout ce qui m'intéresse est d'avoir en classe des outils qui me servent réellement et dont je connaisse le confort d'utilisation.

Sur un plan philosophique, j'agrée toutes dispositions minimisant l'aliénation de l'apprenant à des biens de consommation. Et promouvant une prise main par chaque apprenant de sont destin d'apprenant et de son cursus institutionnel.

Mais, je trouve tout ce que je recherche chez la Pomme. *^_^* Hé, hé...

Mais disons, pour finir sur une note constructive : j'invite tout le monde à lire le livre on-ne-peut-plus inspirant de Thierry CROUZET, Le Peuple des connecteurs.
http://blog.tcrouzet.com/le-peuple-des-connecteurs/

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EDUCATION AUTOUR DES NTIC
Je pense aussi qu'il faut absolument apprendre aux jeunes et moins jeunes à utiliser ces technologies. Elles sont très présentes, très utiles, mais aussi très dangereuses. Il me semble logique d'apprendre à chacun à s'en servir avant de baser un dispositif pédagogique sur ces outils. "Apprendre à s'en servir" ce n'est pas découvrir "comment ça marche" mais "en quoi est-ce utile", "comment en bénéficier au mieux ?".


Coté formation professionnelle, nous avons un contexte plus propice à l'utilisation des derniers gadget NTIC. Le public est beaucoup plus mur et cherche avant tout l'efficacité. Cependant, imaginez une formation ouverte aux chercheurs d'emploi ... imaginez une formation qui doit être portée dans différents pays... on doit alors penser un dispositif ouvert à tous et non réservé à des privilégiés. Je reviendrai sur ce point un peu plus bas dans la discussion (en abordant les classe mobile)



UTILISATION DES NTIC
Même si ce réseau semble réunir quelques "fanas des dernières techno", il y a fort à parier qu'aucun n'imaginera en utiliser une si il s'avère qu'elle n'apporte rien au processus d'apprentissage ! Ce qui semble nous motiver est le fait de mieux transmettre une connaissance, et non de la transformer en flux électrique. Ainsi, j'espère que tu comprendras les précautions que l'on peut prendre avec l'iphone.


IPHONE & CLASSE MOBILE Je ne vois pas ici d'attaque contre l'iPhone ;) L'objet n'est pas en cause, c'est uniquement le fait de laisser entendre que c'est un outil d'apprentissage. Ces nouvelles technologies semblent magiques ... mais tant qu'elles ne sont pas encadrées dans un dispositif pédagogique bien réfléchi, elles n'apporteront rien !

Et puis n'oublions pas que tout dépendra du contexte d'apprentissage ... si l'iphone peut-être très utile pour un étudiant de l'université ou même un professionnel, j'ai peur qu'il ne se résume qu'à une source de distraction dans les mains d'un collégiens !


Je ne connaissais pas le contexte de la Classe Mobile d'Apple ! Superbe dans un rêve, mais dangereux si on le concrétise ! Baser un système éducatif sur des outils aussi onéreux conduirai automatiquement à accentuer la différence entre les personnes ayant les moyens et les autres. Je suis un adepte des NTIC et souhaite que l'éducation et la formation en profite le plus possible, mais à la seule condition que cette nouvelle forme d'éducation (si il y a lieu de parler de nouvelle forme) soit accessible à tous et à toutes. Ce qu'il y a de magique à mes yeux dans les NTIC, c'est le fait que la distance est banalisée et qu'à terme, les personnes isolées auront accès aux mêmes ressources que les autres.



LA VIDEO
Quand à la vidéo proprement dite, j'y vois surtout le fait que la technologie est présente dans les mains des apprenants et pas forcément que la techno est un vecteur pédagogique ! Si un étudiant regardes ces mails, lis des news ou surfe sur un réseau social ... et bien je me demande ce qu'il fait en rentrant chez lui ? Ces devoirs peut-être ? LOL

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___"[...] savoir porter un regard critique sur les moyens que nous utilisons pour apprendre [...]".

Et j'ajouterais "enseigner". C'est très juste. Je crois même que c'est presque un nouveau champ disciplinaire.

L'Ergono-didactique ? *^_^*


___"Baser un système éducatif sur des outils aussi onéreux conduirait automatiquement à accentuer la différence entre les personnes ayant les moyens et les autres".


Nnnh... C'est de toute évidence un problème... C'est très juste aussi.

Je ne sais pas. Certains établissement prêtent les manuels. D'autres les font acquérir par les élèves.

Faut-il considérer qu'un ordinateur portable est quelque chose de personnel comme sa montre ou sa trousse ?
Ou faut-il que les établissements modifient l'environnement d'apprentissage et dotent les classes du matériel nécessaire ?

Je pense que la réponse dépendra des objectifs de l'établisssement, de son projet didactique.
Mais avouez qu'un projecteur dans chaque salle, ce n'est pas du luxe, hein ?


Mais ça ne dispense pas les prof. de se former en *ergono-didactique* ^_~

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Je comprend ton point de vue et salut l'opportunité d'avoir la vision d'un apprenant sur ce sujet ! J'en profite donc pour te poser 2 questions complémentaires ;)

Est-ce que les apprenants qui t'entourent partagent le même point de vue que toi ?

En quoi penses-tu que le cours magistral et le "formatage propret" soit la conséquence de la non utilisation des NTIC ? J'entends par là qu'il me semble que cela soit plus la conséquence d'une volonté propre à certains enseignants et que cela n'est pas lié aux outils qu'ils utilisent.

Quand au fait que ces outils soient onéreux ... le problème est en fait insurmontable, il y aura toujours des écoles mieux dotées que d'autres et l'éducation à 2 vitesses est déjà une réalité. Mais il me semble important de ne pas le favoriser plus que cela !

Lorsque j'interviens en formation, je réclame un vidéo-projecteur ... mais si je n'en ai pas j'essaye de ne pas pénaliser les apprenants pour autant. Je me tourne alors vers le tableau blanc, le paperboard et essaye ainsi de reproduire les avantages que je trouve habituellement avec un vidéo-projecteur.

Nous avons tous constaté que, dans les entreprises, la moindre défaillance technique poussaient au chômage technique ... l'éducation ne peut subir un tel risque ! Pas question d'arrêter d'apprendre et d'enseigner parce qu'"il y a un petit bug, mais ce sera vite réparé". Les NTIC sont un plus et complètent nos valises pédagogiques ; personnellement, je ne pense pas que les NTIC doivent remplacer totalement notre système éducatif.

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*^_^*

Je ne sais pas s'il s'agit d'une "volonté individuelle"....

Là, je vais aborder un sujet très houleux... concernant l'Éducation en France.

(lire en prérequis le livre de François De CLOSETS, Le Bonheur d'apprendre ~ Et comment on l'assassine, exposant les choix inconsidérés qui ont été faits depuis 3-4 décennies discipline par discipline et l'incapacité structurelle de la machine éducative à produire des profs compétents que les concours couronnent sans vraiment les évaluer concrètement)

Une anecdote pour commencer. Pas plus tard qu'hier soir, une de mes profs^^ entrainait notre perspicacité sur un aspect de la salle où nous nous trouvions.
Une salle propre, refaite à neuf il y a sans doute une pincée d'années. Tableau blanc. Téléviseur. Magnétoscope. Un paradis SGAViste ^_~
Seulement, les tables et les strapontins sur lesquels nous étions étaient tous vissés au sol.
Pour encourager des interactions entre les apprenants et pour amoindrir la relation frontale entre l'enseignant et la classe, c'était râté... -_- Impossible de mettre nos pupitres en rond ou en U !

Ok, les strapontins dispensent le personnel chargé de l'entretient de la fastidieuse corvée de mettre les chaises sur les tables pour balayer. OK. Mais d'un point de vue didactique, misère !

Pendant que j'y suis, plus loin dans cette séance, une élève étrangère demanda des précisions sur la fameuse "Problématique à la française"... Rumeur dans la salle. Des regards scrutent les murs. Moi, je rigole. Car personne ne sait vraiment. Ce n'est pas le thèse-antithèse-synthèse du lycée. Définitivement pas le Concedo-nego-affirmo. Mais pas loin quand même. Je veux dire que c'est aussi rigide. Propret, comme je disais plus haut. Il y a une forme académique à respecter. Hiératiquement cartésienne. Toute sorbonagre.

C'est encore la culture éducative actuelle.

Tout au long de ma formation universitaire, je n'ai vu que deux profs et une chargée de TD venir en classe de temps en temps avec un ordi portable. Les trois assuraient les cours de phono. Le CM de Phonétique Expérimentale et le TD de Phonologie Articulatoire. Les autres matières ? Néant !

En comparaison, j'ai eu la chance d'effectuer un stage d'observation à l'antenne parisienne de L'Université de Chicago. Et là, la prof qui s'occupait de moi trimballait son mac à tous les cours. Usant largement de la vidéo et de l'audio.

Ce qui me fait penser à une chose. En France, est mis sur pied une certification TIC. En primaire, le premier volet conduit à l'obtention du B2i. À l'université le niveau avancé permet d'obtenir le C2i. Je découvre à l'instant qu'il existe un C2i Enseignant. Or je me suis laissé dire qu'à l'IUFM de notre région, la formation pour le C2i tourne essentiellement autour... roulement de tambour SVP ! de l'envoi et rédaction d'un mel (mail). Applaudissons fort ! Non, c'est mérité...
Quand au C2i dans mon université me demanderez-vous ? Je l'ignore. Ils ont déjà du mal à mettre en place le LANSAD. Allons ! N'allons pas les embêter en plus avec le C2i (>_<)
Et lorsque je pense à la pratique de l'enseignante de l'Université de Chicago, je me dis que j'aurais autrement besoin de savoir faire du montage vidéo que du traitement de texte. Prendre un film. Isoler une séquence faisant sens. Extraire la bande son pour faire travailler les canaux de compréhension individuellement. &c.

Mais ce n'est pas la culture actuelle.

Quand à mes camarades de classe ?
Nnnh... tout ce que je peux en dire est que tous ont une adresse mel, mais seulement 2 utilisent un ordi portable en cours.
J'en fait parti. Cette année, j'ai décidé de ne plus imprimer les articles (transmis en .pdf ou en .doc) étudiés en classe. Je les consulte donc sur écran.

J'entends bien qu'à ce niveau, avoir un ordi portable n'est pas vitale. Là, ça dépend de l'étudiant.

En revanche, pour l'enseignant, pourvoir aller sur internet immédiatement, plutôt que d'avoir le plus en plus fréquent je-vous-envoie-une-note-ce-soir est déjà plus indispensable. Lorsque nous détaillons une plateforme type Galanet, pourvoir la visiter immédiatement ou à minima pouvoir projeter un petit film présentatif n'est plus un gadget.

Dans n'importe quel manuel ou magazine, le texte est augmenté d'une image voire d'une infographie. Voilà ce qu'il manque, il me semble.



___"personnellement, je ne pense pas que les NTIC doivent remplacer totalement notre système éducatif."


Je pense la même chose. C'est une question de symbiose. Ce n'est pas parce que nous nous sommes mis à écrire que nous avons arrêté de parler et discourir, ce n'est pas parce que nous nous sommes mis à imprimer que nous avons arrêté d'écrire et de copier — calligraphier, je ne dis pas^^ — nous nous sommes même mis à téléphoner, ce n'est pas parce que nous nous mettons à l'informatique multimédia que nous allons nous arrêter d'imprimer et de relier... Je fais référence aux 4 grandes révolutions de civilisation qu'a évoqué Michel SERRE ici :
http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-rev...

Mais encore une fois, avoir du recul sur l'outil et porter un œil expert sur les pratiques tombent sous le sens... dans l'idéal.
Mais, si nous sommes ici, c'est que nous sommes déjà tous d'accord pour que cela devienne réalité, non ?

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Merci de tes réponses !

Je devine ta position et comprend encore mieux pourquoi les NTIC te manquent à ce point pendant tes cours.

Nous sommes certainement tous d'accord pour faire une réalité de l'Education 2.0 ... mais ne brulons pas les étapes. Par exemple, l'enseignant doit d'abord décider d'enrichir ces cours avec des visuels, ensuite seulement il passera aux NTIC. Et d'ailleurs, si il n'y passe pas mais qu'il utilise des diaporamas ou monte des livrets explicatifs attrayants, tu y trouveras tout de même ton compte !!

Les changements que nous évoquons sur Apprendre2.0 nécessitent du temps. On ne passe pas du jour au lendemain d'une salle aux bureaux figés dans le sol à une Education 2.0. Ce changement n'est pas technologique. Il s'agit de changer sa façon d'enseigner, plus collaborative et participative que celle défini il y a des siècles. Les comportements adoptés par les utilisateurs nous a en parti ouvert les yeux sur ce point, mais la solution n'est pas forcément électrique. Ton anecdote me plait beaucoup : dévisser les bureaux et les chaises de ta classe serai une pratique 2.0. Et cela serait certainement un pas plus important que de se munir du dernier Mac !

Tes propos indiquent que tu n'es pas totalement satisfait (à juste titre) de la manière d'enseigner dont tu bénéficies. Tu connais les joies des NTIC et y voit une judicieuse solution. Quand tes enseignants les connaîtrons et les maitriseront, ils feront certainement le même constat que toi ... en attendant prend patience et montres leur l'exemple ;)

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(N'importe quel Mac-Intel fera l'affaire, grrr !)

Pardon -_-

Je suis content, Olivier, que vous ayez pu me comprendre aussi bien^^


Les points de la participation et de la collaboration sont névralgiques dans le Connectivisme que Meichel évoquait en ce début d'échange. C'était bien de le rappeler.

Et en dehors de toute profusion TICE, il est certainement possible de faire collaborer ses apprenants avec du papier, des feutres et de la colle. Et ce de manière à ce qu'ils apprennent selon nos vœux 2.0.

Aussi pour cela peut-être faudrait-il mieux articuler et mieux documenter en formation initiale le low-tech vis-à-vi du high-tech.

Une idée concrète : le Mind-mapping ou les cartes heuristiques.

J'imagine très bien un manuel (pour les profs) avec un chapitre détaillant la cartographie sur le tableau, un chapitre autour de la feuille de papier, un chapitre sur je-ne-sais-quoi-encore et enfin, un chapitre sur l'ordinateur. Avec une distinction entre les outils utilisables sur le Bureau (software) et la Toile (Web-app).
Je pense à ça car, j'avais été séduit par la 4ème de couverture de cet ouvrage malheureusement en rupture de stock :
http://www.amazon.fr/cartes-dorganisation-didées-efficace-structurer/dp/2765103194/

En évitant l'écueil prévisible : Low-tech = dépassé & high-tech = seule planche de salut.

Là encore. Je crois que la symbiose est à viser. Non, le remplacement de l'un par l'autre. Savoir maintenir à un niveau optimal l'écosystème. Et oui, il est fréquent que la solution high-tech fasse brasser beaucoup d'air sans un résultat plus probant que la solution low-tech. Et oui, un dépliant ou un fascicule clair, agréable et instructif sera le bienvenu.

Et je vois en la Systémique et l'approche d'Edgar MORIN le cadre réflexif adéquat pour l'avenir de cette symbiose.

Et il va me falloir beaucoup de patience car l'Éducation en France n'a pas encore franchement investi les TICE actuelles. La formation initiale en est restée au mieux à la bureautique 1.0. Et à Windows !!! Oui, une calamité ^.^ Je ne sais pas s'il faut déconcentrer dans les régions, shunter le rouage du Ministère... je ne sais pas ce qu'il faudrait. Mais, il y a encore de beaux jours pour les centres de formation privés étrangers....

Tenez ! D'ailleurs, j'y pense. Avez-vous lu Made to stick des frères HEATH ?
François GUITÉ en avait parlé sur son callepin :
http://www.opossum.ca/guitef/archives/003625.html
(ça c'est pas "propret" pour le coup... ce n'est pas dans la tradition française de raconter des histoires... maudit Descartes ! -_-;)

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à mon tour de te conseiller une lecture : http://blogs.univ-paris5.fr/pene/weblog/4138.html ... des fois une impulsion suffit à créer le changement ;)

Si "l'Éducation en France n'a pas encore franchement investi les TICE actuelles", des initiatives nous montrent que l'on y vient quand même !!

Ce n'est pas le seul exemple que j'ai pu rencontré, mais c'est le premier que j'ai pu retrouvé :D

Répondre à cela

(oui, je savais que P5 avait depuis même 4ans un noyau de prof d'informatique dévoués à la Did. du FLE et à l'université... T_T)


___"Pourquoi "sans passer par l'infrastructure d'un collège" ? Pourquoi l'établissement serait-il à éviter ? Que gagne l'enseignant à pérorer dans le vide, pour ses pairs anonymes et idéaux ? Pourquoi pas chez lui, pour ses proches, pour ses étudiants ? En complément de sa présence active ? "

Pourquoi en effet ???
Je souscrit tout de suite !

Quand P5 parle de Web2.0, P7 nous propose ça :
http://picasaweb.google.co.uk/timuche/CETERA/photo?authkey=7J_r09MQ...

Non, mais Paris 7 est sans doute un cas à part. Sur notre nouveau campus vieux d'un an, pas encore totalement construit, ce sont des tableaux à craie qui occupent les murs des salles (>_<)

Un Del.icio.us propre à l'université ???
http://signets.univ-paris5.fr/
Incroyable !
Bon, il se passe des choses, je le reconnais maintenant *^_^*
Pas de Réponse à cela à TImuche alors je réponds ici :-(

Ah ben coudonc ! Ça a fonctionné pareil : ce doit être dû au changement de page de l'enfilade... :-)

Timuche disait : «"Pourquoi "sans passer par l'infrastructure d'un collège" ? Pourquoi l'établissement serait-il à éviter ?»

Tout simplement parce que l'institution est selon moi trop dinosaure pour se retrourner suffisamment rapidement pour suivre ! Tout grand organisme est difficile à faire avancer plus rapidement. On crée des comités et des sous-comités (et des sous-sous-sous-...) qui finissent par complètement paralyser toute volonté d'essayer de nouveaux trucs, de tenter de nouvelles approches, etc. Rares sont les institutions qui encouragent véritablement l'initiative (C'est ce que j'observe chez moi en tout cas dans mon système scolaire québécois avec ses écoles assujetties aux commissions scolaires elles-mêmes dépendantes de certaines politiques ministérielles, etc.). Il y a bien un ou deux petits cas isolés, qui sont des petites percées, parfois vite étouffées, parfois publicisées un peu, mais la structurite et la bureaucratie de nos institutions étouffent l'air qui reste. Difficile alors de respirer pour avancer un bon (ou un grand) coup !

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